Filière bois en danger : Jules Doret Ndongo enterre le programme SIGIF2

Lancé officiellement le 1er avril 2021 avec un début d’exploitation effective en janvier 2022 par Jules Doret Ndongo, Ministre des Forêts et de la Faune(Minfof), le Système Informatique de Gestion des Informations Forestières de 2eme génération(SIGIF2) peine à faire l’unanimité des parties prenantes de la chaîne forestière Camerounaise.

La non prise en compte des réserves émises par les partenaires de premier rang du secteur forestier Camerounais que sont l’Union Européen et le Gouvernement Allemand, le SIGIF2 s’avère un échec cuisant.

Il faut préciser que le SIGIF2 est un programme développé par le MINFOF pour s’assurer que la gestion des forêts et des ressources forestières est correctement faite et garantie l’équité et la transparence dans la collaboration avec tous les partenaires du secteur forestier au Cameroun. Pourtant, depuis l’instauration de ce programme inexpérimenté(SIGIF2), l’on constate plutôt un effondrement du secteur bois avec des pertes économiques énormes.

SIGIF2 : Conséquence d’un échec de coopération MINFOF-UE-Allemagne

Les difficultés recensées à l’entame de la mise en place de ce projet faisaient de SIGIF2, une plateforme programmée pour échouer. SIGIF2 serait né d’une triple collaboration marquée par la rupture et les tensions entre le MINFOF, l’UE et le Gouvernement Allemand. Le développement de cet outil d’application a commencé en 2011 par le Ministère des Forêts et de la Faune avec le soutien financier et technique l’UE et du Gouvernement Allemand. Cette collaboration s’est poursuivie jusqu’en 2018 jusqu’à ce que le Ministre des Forêts et de la faune décide unilatéralement d’écarter ses partenaire pour s’approprier l’application. Pour preuve, l’UE et le Gouvernement Allemand n’ont été informés qu’à la cérémonie du lancement officiel de SIGIF2 par le MINFOF.

Malgré ce lancement inattendu, l’UE a fait savoir que la plateforme connaissait encore des problèmes techniques. Pour ce partenaire technique et financier, l’application ne reflète pas les normes nécessaires dans le processus FLEGT et de gouvernance de l’applicabilité des règlementations forestières pour la délivrance du certificat de légalité et d’autorisation.

Conséquences de l’échec de SIGIF2 dans le secteur bois    

Depuis le début de son exploitation en janvier 2022, SIGIF2 est la cause de nombreuses pertes dans le secteur bois au Cameroun. Car depuis janvier, les opérateurs de la filière bois tirent le diable par la queue. Il faut dire que depuis janvier, de nombreux opérateurs de la filière impuissants face aux mesures draconiennes du MINFOF, n’arrivent plus supporter leurs charges fiscales et salariales à cause des pertes énormes dues au fonctionnement au fonctionnement de cette plateforme le plus souvent inaccessible durant des jours aussi la non maitrise de l’outil par les informaticiens du MINFOF sans perdre de vue le problème de mise à jour des données.

Certain exploitants forestiers nous font savoir que : « SIGIF2 fonctionne mieux à Yaoundé. Mais hors de cette ville, les opérateurs éprouvent d’énormes difficultés pour l’enregistrement ». Une situation qui les amène à envisager de « mettre la clé sous le paillasson.» « SIGIF2 ne nous permet plus d’honorer nos commandes à l’endroit des acheteurs exigeants.» Martel un exploitant forestier au bord de la faillite. Les autres craignent que cela suscite un découragement des acheteurs qui pourraient se tourner vers des pays au système plus efficaces.

De nombreuses pertes pour le trésor public

Le manque à gagner du trésor public depuis l’exploitation du SGIF2 s’évalue à plus de 5 milliards de FCFA. En effet, selon une source proche de la douane Camerounaise ayant requis l’anonymat, « les droits de sortie de recettes forestières à la douane sont en chute ». En janvier 2022, ces recettes étaient de 5 milliards de FCFA. Elles sont passées à 3 milliards au mois de janvier puis 1 milliard au mois de mars.

Les opérateurs de la filière se retrouvent dans l’impossibilité de régler leurs impôts. Un exploitant rencontré nous confie qu’il aurait demandé aux agents des impôts de « fermer son entreprise ». Selon lui, avec 3 mois d’aérés de salaires, il est dans l’incapacité de régulariser sa situation.

Recherche d’une réponse palliative

Certains agents du MINFOF et les opérateurs forestiers sur le terrain estiment qu’il est « nécessaire de retourner à l’ancien système tout en suggérant une période d’expérimentation d’un an ». Ces derniers n’arrivent pas à comprendre pourquoi malgré les difficultés que rencontre SIGIF2, le ministre des forêts et de la faune « reste catégorique sur sa position ».

 

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