À Yaoundé, la soutenance d’Eunice restera longtemps gravée dans les mémoires. Brillante, déterminée et créative, cette jeune femme de 24 ans, vivant avec une Infirmité Motrice Cérébrale (IMC), a défendu avec éclat un projet en graphisme. Sa prestation, saluée par tous, prouve qu’avec de la volonté et un accompagnement approprié, le handicap ne saurait être un frein à la réussite.
Derrière ce parcours inspirant se trouvent des soutiens essentiels. Cédric Tchana, formateur dévoué, et Ngassa Leocadie, présidente de l’ASEIMC (Association pour la Scolarisation des Enfants IMC), œuvrent chaque jour pour que des jeunes comme Eunice aient accès à l’éducation et à des perspectives de vie meilleures. Leur engagement incarne la possibilité d’une société plus solidaire.
L’après formation un véritable défi
Mais si la victoire académique d’Eunice est éclatante, elle met aussi en lumière une difficulté persistante : l’accès au marché du travail. Trop souvent, les personnes handicapées diplômées et compétentes se heurtent à un mur d’exclusion, réduisant à néant les efforts fournis durant leur formation.
L’urgence d’un changement collectif
Pour relever ce défi, les responsabilités sont partagées:
À l’État, de garantir des politiques d’emploi inclusives et appliquées ;
Aux associations, de poursuivre le plaidoyer pour des réformes structurelles ;
Aux entreprises et administrations, de dépasser les préjugés et de reconnaître des compétences souvent invisibles.
Eunice n’attend pas la charité. Comme beaucoup d’autres jeunes en situation de handicap, elle réclame son droit : celui de travailler, d’être rémunérée et d’apporter sa contribution au développement du pays.
L’inclusion ne s’arrête pas aux portes de la salle de classe. Elle doit se réaliser pleinement dans le monde du travail. Et le moment d’agir, c’est aujourd’hui.
Denise Ebelle


