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Cameroun – Lutte contre les violences faites aux femmes : l’association Parler D’Elles monte au créneau

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L’Association Parler D’Elles (APDL), en collaboration avec ses partenaires stratégiques et sous le parrainage du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), a lancé le 18 septembre dernier sa campagne nationale de plaidoyer intitulée « Nos voix, notre avenir ».
La cérémonie de lancement a eu lieu à l’hôtel Suita, au quartier Bastos à Yaoundé, en présence de Mme Tonye Loe Laetitia, Directrice exécutive de l’APDL, de Me Akoa Yvonne, présidente exécutive de l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ), de l’artiste musicienne Sanzy Viany et de Mme Manga Ada Haingo, Directrice des programmes de l’ALVF.

Une mobilisation nationale pour briser le silence

La campagne, prévue sur trois mois, vise à interpeller les décideurs politiques en faveur d’une loi spécifique contre les violences basées sur le genre et pour un meilleur accès des filles à l’éducation.
Elle survient dans un contexte marqué par une montée inquiétante des féminicides et des violences sexuelles au Cameroun.

Depuis 2023, le MINPROFF collabore avec la société civile pour poser les bases d’un cadre légal. Mais pour l’heure, les textes restent insuffisants et les victimes continuent de subir.

Féminicides : des chiffres qui font froid dans le dos

Les données disponibles révèlent une réalité dramatique :

65 cas de féminicides en 2023,

76 cas en 2024, soit une hausse inquiétante,

et déjà 28 cas recensés entre janvier et mai 2025.

Ces chiffres, bien qu’incomplets, traduisent une spirale de violence qui n’épargne aucun milieu social. Les femmes hésitent souvent à dénoncer leurs agresseurs par peur, pression familiale ou absence de protection effective.

« Nous devons soutenir nos sœurs, nos mères et nos filles qui vivent le martyr au quotidien. L’art et la musique peuvent aussi être des armes puissantes pour briser le silence », a déclaré l’artiste internationale Sanzy Viany.

Un vide juridique préoccupant

Le Cameroun ne dispose pas encore d’une loi claire sur les violences domestiques.
Pas de procédure d’éloignement des agresseurs, pas de mesures de prévention spécifiques et peu de dispositifs d’accompagnement psychologique pour les auteurs après leur détention.

« Le cadre légal actuel est insuffisant. Il faut une loi adaptée à nos réalités pour prévenir, protéger et sanctionner efficacement », a insisté Me Akoa Yvonne.

L’éducation des filles : un levier d’émancipation

La campagne « Nos voix, notre avenir » entend aussi mettre en avant l’importance de l’éducation des filles.
Selon l’UNICEF, près de 2 filles sur 10 en zone rurale n’achèvent pas l’école primaire au Cameroun, et plus de 40 % abandonnent au secondaire, souvent à cause des mariages précoces, des grossesses adolescentes ou du manque de moyens financiers.

La campagne prévoit :

des colloques sur l’éducation des filles,

un rapport d’étude sur les normes sociales et les obstacles scolaires,

des ateliers de sensibilisation,

et une mobilisation nationale le 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

 

Un appel à l’action collective

Pour les organisateurs, cette mobilisation est un pas vers un changement durable. « Protéger les femmes et éduquer les filles, c’est bâtir un avenir plus juste et plus sûr pour toute la société », a conclu Mme Tonye Loe.

Tant que les filles ne seront pas protégées et éduquées, c’est tout le Cameroun qui restera prisonnier de ses violences.

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