L’esplanade du Musée national de Yaoundé a vibré, le 19 décembre 2025, au rythme de la culture Mbono. Le Centre culturel Mbono y a lancé la toute première édition du festival culturel dédié à ce peuple du Mbam, avec pour ambition de sauvegarder et de mettre en lumière un patrimoine ancestral resté peu connu.
Au cœur de cette initiative : la volonté de raviver une mémoire collective et de transmettre aux générations futures des pratiques menacées par la modernité.
« Préserver et valoriser nos langues, nos danses, nos rites, nos contes, notre gastronomie et notre artisanat »,
résume M. Ebong André, président du Centre culturel Mbono et promoteur de l’événement. Pour lui, ce festival constitue un véritable outil pédagogique offrant à la jeunesse l’occasion d’apprendre la culture autrement, par l’expérience directe.

Durant cette première journée, les visiteurs ont pu découvrir une variété d’objets et produits typiquement Mbono : stands agroalimentaires, ustensiles traditionnels, perles, tissus et vêtements retraçant l’esthétique du peuple. Les célèbres calebasses servant à déguster le vin blanc local, le Noumpé, ont particulièrement retenu les attentions. Le public a également exploré des planches issues d’un ouvrage d’un archéologue allemand ayant vécu auprès des Mbono pendant la colonisation.
Surpris par l’envergure du projet, le représentant du ministre des Arts et de la Culture s’est dit impressionné par l’audace de ce coup d’essai transformé en coup de maître . Martin Valaire Oyono Bitounou, inspecteur numéro 1 au MINAC, a encouragé les organisateurs à poursuivre cette dynamique, rappelant qu’on n’accorde pas trois jours de programmation au Musée national à n’importe quel événement en plus au mois de décembre. Ceci en dit long sur la considération du ministre des arts et de la culture pour ce projet en gestation.

La cérémonie a été rehaussée par la présence des chefs traditionnels venus des arrondissements d’Ombessa, Bafia, Bokito et Kong-Yambetta. Dans la case traditionnelle dressée pour l’occasion, leur porte-parole, Sa Majesté Awono, chef du village Guiting 2, a rappelé l’histoire de Mbono, figure centrale célébrée : une matriarche fondatrice dont l’existence oscille entre réalité historique et mythe originel.
Cette interrogation sera d’ailleurs au centre d’un futur colloque annoncé par les promoteurs. Après une table-ronde d’une heure intitulée « Qui est Mbono ? », chercheurs et détenteurs de savoir ont reconnu la nécessité d’approfondir la recherche afin de reconstituer clairement le récit de cette ancêtre.

Au terme de cette première journée, deux projets majeurs ont retenu l’attention : la construction prochaine d’une Maison de la culture Mbono et la volonté d’uniformiser l’architecture des chefferies Mbono pour leur conférer une identité visuelle commune.
La rédaction de Kamer Infos Plus salue l’initiative et la richesse culturelle révélée lors de ce festival, marqué par une diversité de danses traditionnelles et folkloriques qui témoignent de la vitalité de l’héritage Mbono.
Martin D. Ngane



