À l’occasion de la 8ème édition de la Journée internationale de l’éducation, célébrée le 24 janvier de chaque année,la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a réaffirmé avec force le caractère fondamental de l’éducation comme droit humain universel, levier de développement durable et pilier de la cohésion sociale. Cette édition se célèbre »sous le thème « Le pouvoir de la jeunesse dans la cocréation de l’éducation ».
Instituée par la loi n°2019/014 du 19 juillet 2019 et officiellement mise en place le 29 avril 2021, la CDHC s’inscrit dans la dynamique internationale impulsée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a proclamé le 24 janvier Journée internationale de l’éducation à travers la résolution A/RES/73/25 adoptée en décembre 2018. Une initiative qui consacre l’éducation comme une priorité mondiale et un socle indispensable à la paix, à l’inclusion et à l’innovation.
L’éducation, un droit humain et une responsabilité collective
Dans sa déclaration, la Commission rappelle que l’éducation ne saurait être réduite à un simple outil de transmission des savoirs. Elle constitue avant tout un droit humain inaliénable, un bien public et une responsabilité partagée, indispensable à la promotion des droits de l’homme, à l’égalité des genres et à la justice sociale.
À l’échelle mondiale, les chiffres demeurent préoccupants : près de 250 millions d’enfants et de jeunes restent exclus du système scolaire, tandis que 763 millions d’adultes sont encore analphabètes, selon l’UNESCO. Une situation qui, pour la CDHC, appelle à une action urgente et concertée des États et des partenaires afin de transformer en profondeur les systèmes éducatifs et rompre les cycles persistants de pauvreté et d’inégalités.
La jeunesse, actrice et co-créatrice de l’éducation
En saluant le thème retenu pour l’édition 2026, la Commission met en lumière un changement de paradigme majeur : la reconnaissance des jeunes non plus seulement comme bénéficiaires, mais comme acteurs à part entière de la conception, de la mise en œuvre et de l’amélioration des politiques éducatives.
Face aux mutations rapides du monde contemporain, notamment sur le plan technologique, la CDHC estime que les solutions éducatives les plus pertinentes doivent être co-construites avec les jeunes, en tenant compte de leurs aspirations, de leurs réalités et de leurs innovations. Cette approche s’inscrit également dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne une Afrique prospère fondée sur un développement inclusif et durable.
Des recommandations fortes pour un système éducatif plus inclusif
À l’occasion de cette Journée, la CDHC formule une série de recommandations structurantes à l’endroit des pouvoirs publics et des acteurs du secteur éducatif. Elle appelle notamment à un renforcement de la lutte contre la corruption dans l’éducation, en associant activement les jeunes aux mécanismes de prévention, de détection et de sanction, afin de garantir l’égalité d’accès et la qualité de l’enseignement.
La Commission recommande également l’institutionnalisation de mécanismes de participation des jeunes à la cocréation de l’éducation, à travers la mise en place de conseils consultatifs d’élèves, leur implication dans la révision des curricula et le développement de plateformes numériques collaboratives.
Par ailleurs, un accent particulier est mis sur la réduction des disparités régionales et socio-économiques, notamment dans les zones rurales, marginalisées ou affectées par l’insécurité. La CDHC plaide pour la réhabilitation des infrastructures scolaires, le renforcement des effectifs enseignants et l’implication des jeunes dans la conception et le suivi des dispositifs de soutien éducatif, en particulier pour le maintien des filles à l’école.
Numérique, prévention et sécurité scolaire
Consciente des enjeux liés à la transformation numérique, la Commission exhorte les autorités à investir davantage dans les infrastructures numériques, l’accès à Internet et la formation des enseignants en littératie numérique, tout en associant les jeunes à la conception des outils pédagogiques.
Elle insiste également sur la nécessité d’intégrer dans les curricula une éducation préventive contre les drogues, fondée sur les droits humains et les compétences de vie, ainsi que sur le renforcement de la sécurité autour des établissements scolaires, surtout dans les zones en crise.
Un engagement renouvelé pour les droits de l’homme
En conclusion, la CDHC réaffirme son engagement « ferme, constant et irréversible » en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme au Cameroun. À travers ses actions, y compris ses interventions en amicus curiae, la Commission entend continuer à jouer pleinement son rôle de vigie institutionnelle, convaincue que l’éducation, co-créée avec la jeunesse, demeure la clé d’un avenir plus juste, inclusif et durable.


