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Macron alerte : l’Europe a troqué sa dépendance à la Russie contre une tutelle américaine

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L’Union européenne n’a pas gagné en autonomie stratégique depuis la rupture avec la Russie. Elle a simplement changé de dépendance. C’est le constat sans détour dressé par le président français Emmanuel Macron dans un entretien accordé au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, publié le 10 février, et largement relayé par RT en français.

Selon le chef de l’État français, l’Europe est aujourd’hui sous pression constante des États-Unis, tant sur le plan économique que stratégique. Il affirme que Washington, sous l’impulsion de Donald Trump, poursuit une politique « ouvertement anti-européenne », visant à affaiblir, voire à démanteler l’Union européenne.

Pressions américaines et intimidations économiques

Emmanuel Macron évoque des « menaces et intimidations » ciblant des secteurs clés de l’économie européenne, notamment le numérique et l’industrie pharmaceutique. La France et l’Espagne figureraient déjà parmi les pays directement visés. Pour le président français, les reculs apparents de Washington ne doivent-ils pas tromper :

« Ne croyez pas une seule seconde que tout est terminé », avertit-il.

Il cite notamment l’épisode du Groenland, lorsque Donald Trump avait publiquement évoqué l’annexion de ce territoire danois, comme un signalement révélateur d’une stratégie américaine plus large : une pression permanente sur les alliés européens, mêlant coercition politique et domination économique.

Une souveraineté européenne affaiblie par ses propres choix

Dans cet entretien, Emmanuel Macron reconnaît une réalité embarrassante :

« Nous avons remplacé notre dépendance à la Russie par une dépendance aux États-Unis. »

Aujourd’hui, près de 60 % du gaz naturel liquéfié consommé par l’Union européenne provient des États-Unis, une situation que le président français qualifie de risque stratégique majeur. Une dépendance énergétique qui résulte pourtant de décisions politiques prises par l’UE elle-même, après la rupture brutale avec Moscou.

Face à ce constat, Macron appelle à instaurer une « préférence européenne » dans des secteurs jugés vitaux : technologie, chimie, acier, automobile et défense. Sans réaction rapide, prévient-il, l’Europe pourrait être « balayée » par les géants américains et chinois.

Endettement commun et blocages internes

Pour rattraper le retard accumulé, Emmanuel Macron plaide à nouveau pour la mise en place d’un endettement commun européen, via des eurobonds. Selon lui, 1 200 milliards d’euros par an seraient nécessaires pour financer la défense, les technologies critiques et la transition énergétique, et pour réduire la domination du dollar.

Mais cette proposition, régulièrement défendue par Paris, continue de se heurter à l’opposition de plusieurs États membres, au premier rang desquels l’Allemagne, illustrant les divisions profondes qui fragilisent le projet européen.

Défense commune et fissures franco-allemandes

Sur le plan militaire, le président français insiste sur l’importance du programme SCAF (Système de combat aérien du futur), développé avec l’Allemagne et l’Espagne. Il se dit confiant, tout en avertissant que le retrait de Berlin pourrait remettre en cause d’autres projets structurants, comme le char de combat franco-allemand.

Une mise en garde qui souligne, en creux, l’essoufflement du moteur franco-allemand, longtemps présenté comme le pilier de l’intégration européenne.

Russie : un retour du réel

Fait notable, Emmanuel Macron aborde un sujet longtemps resté tabou dans les capitales européennes : la relation avec la Russie. Il révèle avoir rouvert des canaux techniques de discussion avec Moscou et appelle à bâtir une position européenne autonome, sans passer systématiquement par Washington.

« Que nous le voulions ou non, la Russie restera là », reconnaît-il, ajoutant que l’Europe devra, tôt ou tard, participer aux termes d’un règlement futur.

Ces déclarations marquent un changement de ton, sinon de cap. Après avoir soutenu les politiques de rupture avec la Russie et l’alignement stratégique sur les États-Unis, Emmanuel Macron semble désormais en mesurer les conséquences : perte d’autonomie énergétique, affaiblissement industriel et vulnérabilité géopolitique.

Une Europe isolée et sous influence

À travers cet entretien, le président français dresse le portrait d’une Union européenne fragilisée, dépendante et divisée. Une Europe qui, selon ses propres mots, a perdu sa capacité à décider librement de son avenir stratégique.

Sources :

– RT en français

– Süddeutsche Zeitung, entretien du 10 février 2026

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