Le Rapport 2025 sur les progrès accomplis en Afrique dans la lutte contre le paludisme révèle 270,8 millions de cas et près de 600 000 décès. Il met en garde contre une possible résurgence de la maladie alors que les chefs d’État et de gouvernement exhortent à mobiliser davantage de ressources nationales, appelle les partenaires à honorer leurs engagements et demande la relance du Programme de soutien à la lutte contre le paludisme (Malaria Booster Programme) de la Banque mondiale.
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 16 février 2026-/African Media Agency(AMA)/-Dans un contexte de stagnation des progrès, de baisse des financements internationaux et d’intensification des menaces, les chefs d’État et de gouvernement africains ont lancé aujourd’hui, lors du 39e Sommet de l’Union africaine en Éthiopie, un appel unifié à une nouvelle ère de financement de la lutte contre le paludisme. Le Rapport 2025 de l’Union africaine sur les progrès accomplis en Afrique dans la lutte contre le paludisme, présenté par le président du Botswana, Président-Avocat Duma Gideon Boko, également président de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA), avertit qu’en l’absence d’une action urgente, le continent risque de perdre des décennies de progrès durement acquis dans la lutte contre la maladie.
Des mesures urgentes s’imposent face à l’aggravation de la situation
Le rapport 2025 révèle qu’en 2024, les États membres de l’Union africaine ont enregistré 270,8 millions de cas de paludisme (96 % du total mondial) et 594 119 décès (97 % du total mondial). Les progrès sont au point mort depuis 2015 et seuls cinq États membres ont atteint les objectifs du Cadre catalytique 2025 visant à réduire de 75 % l’incidence du paludisme ou la mortalité liée à ce dernier. Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre du Programme catalytique de l’Union africaine pour mettre fin au sida, à la tuberculose et éliminer le paludisme en Afrique d’ici à 2030.
Le rapport alerte sur le fait qu’une réduction de 30 % des financements entraînerait 640 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide en moins, 146 millions de cas de paludisme supplémentaires, 397 000 décès supplémentaires (dont 75 % chez les enfants de moins de cinq ans) et une perte de 37 milliards de $ US de PIB d’ici à 2030. Sans mesures urgentes, le rapport prévient que le paludisme pourrait connaître une recrudescence importante, avec potentiellement plus de 400 millions de cas par an et plus d’un million de décès annuels.
« La convergence sans précédent de défis qui menacent l’élimination du paludisme s’est intensifiée. L’aide publique au développement (APD) pour la santé en Afrique a diminué de 70 % en seulement quatre ans, et la huitième reconstitution des ressources du Fonds mondial est loin d’avoir atteint son objectif de 18 milliards de $ US. Nous ne pouvons pas permettre que ces difficultés anéantissent des décennies de progrès qui ont permis d’éviter 1,64 milliard de cas et de sauver 12,4 millions de vies depuis 2000. »
~ Président-Avocat Duma Gideon Boko, président de la République du Botswana et président d’ALMA
Une nouvelle ère de financement : l’Afrique prend l’initiative
Face à la crise du financement, les dirigeants africains ont réaffirmé leur engagement en faveur de la mobilisation des ressources nationales, de financements innovants et de l’élaboration de plans nationaux de viabilité du financement de la santé. Le rapport souligne que les Conseils et Fonds d’élimination du paludisme de 12 pays ont mobilisé plus de 200 millions de $ US grâce à des partenariats public-privé, illustrant ainsi la force de la collaboration multisectorielle. L’établissement de partenariats public-privé est essentiel pour garantir un financement durable. Ces partenariats peuvent débloquer de nouveaux investissements, accélérant les progrès non seulement vers l’élimination du paludisme, mais aussi vers la couverture sanitaire universelle. Une approche de la société dans son ensemble, impliquant le secteur privé, les fondations philanthropiques, les particuliers fortunés et la diaspora par le biais d’un accélérateur de partenariat public-privé en matière de santé, renforcera les engagements nationaux et permettra de créer un partenariat gagnant-gagnant.
À travers le continent, les pays intensifient leurs engagements de financement national pour la lutte contre le paludisme en 2025. Les dirigeants ont appelé les partenaires internationaux à honorer leurs engagements, à renouveler le Programme de soutien à la lutte contre le paludisme de la Banque mondiale (Malaria Booster Programme) et à aligner leur soutien sur les stratégies nationales. Le Programme initial de soutien à la lutte contre le paludisme de la Banque mondiale (2005-2010) a mobilisé plus d’un milliard de $ US et a permis d’obtenir des résultats d’ampleur. Aujourd’hui, les dirigeants africains appellent à la relance de ce programme afin de combler les déficits de financement, de déployer des outils de nouvelle génération, de renforcer les programmes d’agents de santé communautaires et de bâtir des systèmes de santé résilients face au changement climatique. Investir ainsi dans la lutte contre le paludisme permettra également de renforcer les soins de santé primaires, de rendre nos systèmes de santé plus résilients aux chocs et de nous mettre sur la voie de la victoire contre d’autres défis sanitaires tels que les maladies tropicales négligées.
« Notre approche couvre l’ensemble des mesures nécessaires pour vaincre cette maladie. La Tanzanie a investi dans la recherche de pointe et abrite l’Institut de santé d’Ifakara, où nos scientifiques travaillent à la frontière avec les nouvelles technologies, notamment le forçage génétique – une approche novatrice visant à empêcher les moustiques de transmettre le parasite du paludisme. Il s’agit d’une science africaine, menée par des chercheurs africains, qui relève un défi africain. »
~ S.E. Samia Suluhu Hassan, Présidente de la République Unie de Tanzanie
De nouveaux outils performants de nouvelle génération gagnent du terrain
Malgré les défis, le rapport souligne des progrès significatifs dans le déploiement d’outils innovants. En 2025, 74 % des moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées en Afrique étaient des moustiquaires de nouvelle génération à double action, contre seulement 20 % en 2023. Ces moustiquaires sont 45 % plus efficaces que les moustiquaires imprégnées uniquement de pyréthroïdes contre les moustiques résistants.
Vingt-quatre pays ont désormais introduit des vaccins antipaludéens approuvés par l’OMS pour les enfants de moins de cinq ans, avec 28,3 millions de doses distribuées en 2025, contre 10,5 millions en 2024. De plus, l’OMS a préqualifié deux produits répulsifs spatiaux en 2025, marquant la première nouvelle intervention de lutte antivectorielle introduite depuis des décennies. Un nombre record de 22 pays prévoyaient de mettre en œuvre une chimioprévention saisonnière du paludisme en 2025. Le potentiel d’innovation dans la lutte contre le paludisme est plus important que jamais.
Promouvoir la souveraineté sanitaire à travers la production locale
Les dirigeants ont souligné l’importance de la production locale pour garantir l’accessibilité financière, l’accès aux soins et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Actuellement, l’Afrique importe 99 % des vaccins et 95 % des médicaments utilisés sur le continent. Le rapport souligne que le Nigéria a noué des partenariats pour la production locale de traitements antipaludéens et de tests de diagnostic rapide, et travaille à la mise en place des premières moustiquaires imprégnées d’insecticide de nouvelle génération fabriquées en Afrique.
L’Agence africaine des médicaments, qui compte désormais 31 pays signataires, et les Communautés économiques régionales harmonisent les cadres réglementaires afin d’accélérer l’enregistrement de nouveaux produits sur le continent.
« Le déploiement complet des outils existants et nouveaux, associé à un financement intégral, pourrait sauver plus de 13,2 millions de vies au cours des 15 prochaines années et stimuler les économies africaines à hauteur de plus de 140 milliards de dollars. Chaque dollar investi dans le Fonds mondial génère un rendement de 19 dollars. Nous avons les outils. Il nous faut désormais les ressources. »
~ Dr Michael Adekunle Charles, PDG du RBM Partnership to End Malaria
Ce qu’il reste à faire
Les chefs d’État et de gouvernement ont lancé un appel à l’action clair, exhortant tous les États membres à considérer la lutte contre le paludisme comme un pilier central de la souveraineté sanitaire et de la transformation économique, à protéger et à accroître les financements nationaux et internationaux, et à mettre pleinement en œuvre les priorités du Cadre catalytique grâce à une grande impulsion contre le paludisme.
Les dirigeants ont appelé les partenaires internationaux à honorer leurs engagements, à aligner leur soutien sur les stratégies nationales et à investir dans les outils et les systèmes qui garantiront un avenir sans paludisme. Ils ont souligné que le chemin à parcourir est semé d’embûches. Néanmoins, grâce à un leadership déterminé, à une utilisation judicieuse des données et à des investissements soutenus, l’Afrique peut infléchir la courbe en faveur de l’élimination et garantir aux générations futures un avenir libéré de la menace du paludisme.
Distribué par African Media Agency (AMA) pour African Union.
Notes aux rédacteurs :
Le Rapport de l’Union africaine sur les progrès accomplis dans la lutte contre le paludisme 2025 est disponible en téléchargement sur les sites www.au.int et www.alma2030.org
À propos du Rapport sur les progrès accomplis dans la lutte contre le paludisme en Afrique :
Le Rapport sur les progrès accomplis dans la lutte contre le paludisme en Afrique est une publication annuelle préparée par la Commission de l’Union africaine, l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme et le RBM Partnership to End Malaria. Il rend compte des progrès accomplis par rapport aux objectifs du Cadre catalytique de l’UA, met en lumière les défis et les menaces qui pèsent sur l’élimination du paludisme et documente les actions menées par les États membres pour accélérer les progrès. Le rapport est présenté chaque année aux chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet de l’Union africaine.
À propos d’ALMA :
Fondée en 2009, l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) est une coalition novatrice de chefs d’État et de gouvernement africains qui œuvrent au-delà des frontières nationales et régionales pour parvenir à une Afrique sans paludisme d’ici à 2030. www.alma2030.org
Relations presse :
Alliance des dirigeants africains contre le paludisme : Thomas Davies | TDavies@alma2030.org | www.alma2030.org
Commission de l’Union africaine : Molalet Tsedeke | MolaletT@africa-union.org | www.au.int
African Media Agency : Leslie-Shamilda Segui | shamilda@africanmediaagency.com | https://africanmediaagency.com/newsroom/
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