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À Yaoundé, la marche du 8 mars se transforme en cri d’alarme face à la recrudescence des féminicides

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La capitale camerounaise a vibré, le 28 février dernier, au rythme de la 41ᵉ Journée internationale de la femme. Des milliers de femmes ont pris d’assaut les grandes artères de la ville à l’occasion d’une marche d’envergure, placée sous le thème : « Droits, justice, actions pour toutes les femmes et filles ». Mais au-delà de la mobilisation festive et symbolique, cette édition s’est imposée comme un véritable cri d’alerte face à une réalité glaçante : près de 16 féminicides enregistrés au seul mois de février, selon des données compilées par des organisations de défense des droits des femmes.

Dès 6 heures du matin, au Boulevard du 20 mai, une foule compacte s’ébranle dans une atmosphère mêlant ferveur, détermination et indignation contenue. L’itinéraire, long de près de dix kilomètres, traverse plusieurs quartiers emblématiques de la ville, traduisant la volonté des participantes de rendre visible une lutte trop souvent confinée au silence. Chants, pancartes et slogans rappellent une exigence commune : mettre fin aux violences faites aux femmes, dont la forme la plus extrême demeure le féminicide.
Si la marche célèbre les avancées et la résilience des femmes, elle met surtout en lumière l’ampleur d’un fléau persistant. En février, près de seize femmes ont perdu la vie sous les coups de conjoints, d’ex-partenaires ou de proches, un chiffre qui choque et interroge. Pour de nombreuses manifestantes, défiler revient autant à honorer ces victimes qu’à interpeller l’État, les familles et la société entière sur l’urgence d’agir.

Les institutions publiques ont marqué de leur présence à ce rendez-vous l’on note la participation remarquée de Mounouna Foutsou Ministre de la jeunesse et de l’éducation civique aux côtés du Prof Marie Thérèse Abena Ondoa Ministre de la Promotion de la femme et la famille . Dans son message relayé à l’occasion de l’événement, la ministre en charge de la femme a rappelé la position du Chef de l’État, qui condamne fermement les violences basées sur le genre, qualifiées d’« incivilités intolérables ». Un discours salué, mais que plusieurs participantes souhaitent voir traduit en actions concrètes, notamment en matière de prévention, de protection des victimes et de sanctions effectives contre les auteurs.
Parmi les temps forts de la journée, la séquence dédiée au sport inclusif a suscité une vive émotion. Femmes en fauteuils roulants et sur tricycles ont pris part aux activités sous les ovations du public. À travers leurs efforts et leurs sourires, elles ont porté un message puissant : la lutte pour les droits des femmes est indissociable de celle pour l’inclusion et la dignité de toutes. Chaque mouvement, chaque applaudissement résonnait comme un hommage à la force des femmes, quelles que soient leurs vulnérabilités.

De nombreuses organisations de la société  civile évoquent la nécessité de renforcer les mécanismes d’alerte, l’accompagnement psychologique et juridique des femmes en danger, et l’éducation dès le plus jeune âge. D’autres annoncent des activités tout au long du mois de mars : causeries éducatives, formations génératrices de revenus et campagnes de sensibilisation ciblées sur les violences conjugales.

En définitive, cette 41ᵉ Journée internationale de la femme à Yaoundé aura marqué les esprits non seulement par sa mobilisation record, mais surtout par la gravité du message porté. Derrière les pas cadencés et les chants d’espoir, une réalité s’impose : tant que des femmes continueront de mourir parce qu’elles sont femmes, la marche devra se poursuivre — avec encore plus de fermeté, de courage et d’actions concrètes

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