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Bassin du Lac Tchad : six ans après, les signes d’une stabilisation progressive dans l’Extrême-Nord

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EAU – ÉCOLES – SÉCURITÉ – AGRICULTURE. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, ces quatre piliers sont devenus les axes d’une stratégie de reconstruction après des années de violences et d’instabilité liées à la crise du Bassin du Lac Tchad.

Six ans après le lancement du projet de Facilité régionale de stabilisation, le Cameroun et ses partenaires internationaux dressent un bilan encourageant : infrastructures reconstruites, services publics relancés et communautés progressivement remises sur la voie du développement.

Réunis à l’occasion de la 6e session du Comité national de pilotage du projet, responsables gouvernementaux, diplomates, partenaires techniques et financiers ont évalué les avancées et les défis qui subsistent.

Une région longtemps fragilisée

Depuis plus d’une décennie, le Bassin du Lac Tchad est confronté à une crise sécuritaire et humanitaire qui a profondément bouleversé les équilibres sociaux et économiques. Des villages détruits, des populations déplacées et des services publics paralysés ont marqué durablement cette zone frontalière stratégique.

Face à cette situation, plusieurs partenaires internationaux ont mobilisé des ressources pour accompagner les États de la région dans la reconstruction et la stabilisation.

« Nous avons vu, au cours des sept dernières années, beaucoup de progrès dans la stabilisation, notamment dans le Bassin du Lac Tchad », a indiqué Knut Zuchan, chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne au Cameroun. Il faut relever que l’Allemagne figure parmi les principaux bailleurs de ce programme. Le représentant de son ambassade l’a d’ailleurs relevé : « L’Allemagne est l’un des plus grands contributeurs à cette facilité régionale de stabilisation. Cela montre l’intérêt de nos partenaires pour la stabilité de la sous-région et du Cameroun »,

Knut Zuchan, chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne au Cameroun

a-t-il précisé.

Reconstruire l’État, village par village

La stratégie de stabilisation repose sur un principe simple : ramener l’État et les services publics au plus près des populations.

Sur le terrain, les interventions sont multiples : reconstruction des infrastructures administratives, renforcement des forces de sécurité, relance de l’éducation et de la santé, appui à l’agriculture et soutien aux jeunes.

Christophe Charbon, chef de l’unité de stabilisation pour la fenêtre Cameroun, explique cette approche globale :

« Il s’agit de consolider le maillage sécuritaire avec les gendarmeries et les polices, mais aussi de réhabiliter les préfectures, les sous-préfectures, les écoles et les centres de santé. »

Au-delà de la sécurité, le projet vise aussi à redonner des perspectives économiques aux populations.

« Plus de 5000 paysans ont déjà bénéficié d’un appui, ainsi que des jeunes. L’objectif est de permettre la restauration de la présence de l’État mais également celle des communautés », souligne-t-il.

Christophe Charbon, chef de l’unité de stabilisation pour la fenêtre Cameroun

Les interventions se poursuivront jusqu’en 2028, avec un accent particulier sur la consolidation des infrastructures et des institutions locales.

Des résultats visibles dans les villages

Dans son bilan, le gouvernement camerounais estime que les efforts engagés commencent à produire des effets concrets.

Selon le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, président de ce comité, le projet joue un rôle déterminant dans la reconstruction de la confiance entre l’État et les populations.

« Le projet contribue au renforcement de la confiance des populations dans le processus de consolidation de la paix en apportant des réponses concrètes aux défis communautaires », a-t-il déclaré.

Le MINEPAT entouré des autres membres du gouvernement

Parmi les réalisations mises en avant :

78 infrastructures de sécurité et de justice (construits ou réhabilités et équipés)

4935 acteurs des droits de l’homme et forces de sécurité formées aux droits de l’homme, au droit international humanitaire, à la protection civile et VBG

540 Lampadaires installés

5566 producteurs renforcés en techniques de production agricole et aquacoles

5093 producteurs appuyés en kits agricoles, pour ne citer que ces quelques exemples.

Pour le ministre, ces actions ont déjà un impact tangible.

« Ces réalisations se traduisent par des vies transformées, des communautés retrouvant espoir et des territoires fragiles engagés sur la voie du renouveau », a-t-il souligné.

Le défi du financement et de la durabilité

La stabilisation durable de la région dépend aussi de la continuité des financements.

Or, le contexte international est marqué par une raréfaction des ressources pour le développement, ce qui oblige les États et leurs partenaires à diversifier leurs sources de financement.

Le gouvernement camerounais indique ainsi qu’une enveloppe de 6,46 millions de dollars est en cours de mobilisation auprès de la Banque africaine de développement pour soutenir les actions de stabilisation.

D’autres partenaires internationaux envisagent également de soutenir les programmes d’autonomisation des jeunes et des personnes déplacées.

Passer de la stabilisation au développement

La troisième phase du projet marque une nouvelle étape : transformer la stabilisation en développement durable.

Trois priorités ont été définies :

Concentrer les interventions sur des zones prioritaires ;

Consolider les infrastructures et services publics ;

Favoriser l’insertion économique des jeunes et des populations locales.

« La pérennisation des infrastructures, l’appropriation par les communautés et la création d’opportunités économiques durables doivent devenir le centre de notre action », a insisté le ministre.

Dans une région longtemps associée à l’insécurité, ces initiatives pourraient progressivement ouvrir la voie à une nouvelle dynamique de développement.

La stabilisation du Bassin du Lac Tchad reste un chantier de longue haleine. Mais pour les acteurs engagés sur le terrain, chaque école reconstruite, chaque point d’eau installé et chaque activité économique relancée constitue un pas supplémentaire vers la paix durable.

 

Martin Donald Ngane

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