Au moment où l’Afrique cherche à renforcer son influence sur la scène internationale, la formation d’une nouvelle génération de diplomates apparaît comme une solution stratégique. C’est dans cette perspective que le Groupe universitaire IPAD-CIFADDEG-ESMAP a organisé, le 5 mars 2026 à Soa, la première édition de l’année académique des « Cafés diplomatiques du CIFADDEG », un espace d’échanges intellectuels réunissant étudiants, experts et praticiens de la diplomatie.
Placée sous le thème « Santé mentale, épidémiologie et diplomatie multilatérale africaine au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie », cette conférence a rassemblé des auditeurs issus de 18 nationalités africaines, illustrant la dimension panafricaine du centre de formation.
Une diplomatie africaine qui se construit par la formation
Parmi les intervenants figurait le ministre plénipotentiaire Dr Joël Nguekam, Directeur de la Francophonie au ministère des Relations extérieures (MINREX). Devant un public attentif, il a présenté les interactions entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les mécanismes du multilatéralisme africain.
Son exposé a notamment mis en lumière la collaboration entre l’OIF et l’Union africaine dans le renforcement des capacités des diplomates et des institutions africaines.
« L’Union africaine bénéficie de l’appui de la Francophonie en matière de formation et de renforcement des compétences. En retour, elle peut porter et amplifier les intérêts africains dans un espace international plus large », a-t-il expliqué.
L’objectif est clair : permettre aux Africains de mieux défendre leurs intérêts dans le concert des nations, à la hauteur de leur poids démographique et économique.
Un espace d’apprentissage pour les futurs diplomates
Pour les auditeurs du CIFADDEG, ces rencontres constituent une opportunité concrète d’apprentissage. Elles leur permettent d’entrer en contact direct avec des acteurs de la diplomatie et de mieux comprendre les enjeux contemporains des relations internationales.
Un auditeur togolais présent à la conférence souligne que l’essentiel du message repose sur la valorisation du savoir.
« Tout tourne autour de la promotion de la connaissance. Les Africains doivent se former davantage pour éviter d’être marginalisés sur la scène internationale », a-t-il indiqué.
Selon lui, la formation constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour renforcer la voix du continent dans les débats mondiaux.
Le savoir comme nouvelle force diplomatique de l’Afrique
Dans la même veine, Djizerou Senze, auditeur ivoirien en carrière internationale option gouvernance, estime que la Francophonie et les institutions de formation partagent une ambition commune : former des experts capables de représenter dignement l’Afrique.
« Nous devons être les porte-flambeaux de l’image de l’Afrique. Pas avec la force des biceps, mais avec la force du savoir et de la connaissance », a-t-il affirmé.
Pour ces futurs diplomates, la maîtrise des enjeux internationaux et la production d’expertise africaine constituent des outils essentiels pour repositionner le continent dans les relations internationales.
Une réponse académique aux défis diplomatiques du continent
En multipliant les espaces de réflexion comme les Cafés diplomatiques, le CIFADDEG propose une approche concrète : former des diplomates africains capables d’influencer les décisions internationales.
À travers ces rencontres académiques, l’institution entend créer un pont entre la théorie universitaire et la pratique diplomatique. Une démarche qui pourrait contribuer à renforcer la présence africaine dans les organisations internationales et les instances de décision mondiale.
Pour les organisateurs, le pari est simple : investir dans le savoir aujourd’hui pour construire la diplomatie africaine de demain.


