
Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) a accueilli, ce 23 avril 2026 à Yaoundé, la cérémonie de présentation des projets lauréats de la troisième édition du Partenariat Hubert Curien Bantou (PHC Bantou), un programme de coopération scientifique entre le Cameroun et la France.
Véritable passerelle entre laboratoires de recherche des deux pays, le PHC Bantou vise à développer des échanges scientifiques et technologiques d’excellence tout en favorisant les nouvelles collaborations, la mobilité académique ainsi que l’implication des jeunes chercheurs et doctorants.
Piloté en France par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE), le programme est coordonné au Cameroun par le MINRESI.
Ouvert aux chercheurs titulaires rattachés aux organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur, le PHC Bantou fonctionne sur des projets d’une durée d’un an, conçus conjointement par des équipes camerounaises et françaises. Le financement couvre essentiellement les mobilités scientifiques entre les deux pays.
Une sélection compétitive
Depuis son lancement en 2024, le programme connaît un intérêt croissant auprès de la communauté scientifique.
Pour cette troisième édition, 44 projets ont été déposés, mais seulement six ont été retenus à l’issue du processus de sélection conduit conjointement par les experts camerounais et français.
Parmi les projets sélectionnés figurent notamment :
le projet sur la biodiversité benthique de la mangrove ;
une étude en pétrologie et minéralogie des granites panafricains du Cameroun pour la recherche des métaux stratégiques ;
un projet de valorisation des cabosses de cacao pour la conception d’éco-matériaux et la production d’énergie ;
le développement d’équipements innovants à faible coût pour la surveillance environnementale (DEISE).
Malgré la forte concurrence, trois femmes figurent parmi les lauréats de cette édition, un signal encourageant pour la promotion du leadership féminin dans la recherche scientifique. Les responsables du programme souhaitent toutefois voir davantage de femmes porter des projets scientifiques dans les prochaines éditions.
Des financements renforcés
Le programme a également connu une évolution significative de son financement. Initialement fixé à 5 000 euros par pays, le soutien financier est désormais passé à 7 500 euros de chaque côté, traduisant la volonté des deux États de consolider cette coopération scientifique.
Le Professeur Mohammadou Directeur des Affaires Generales du Minresi a souligné les efforts déployés par le MINRESI pour garantir la pérennité du programme.
« Nous avons mis sur pied une petite banque d’évaluateurs pour favoriser la pérennisation de ce projet », a-t-il indiqué, tout en rappelant que plusieurs projets de qualité n’ont malheureusement pas été retenus en raison des contraintes budgétaires.
Les responsables du programme appellent ainsi les partenaires et acteurs du secteur scientifique à soutenir davantage cette initiative afin d’élargir les opportunités offertes aux chercheurs camerounais.
Une coopération scientifique tournée vers l’innovation
Pour le Professeur Stéphanie Mailles Viard, le PHC Bantou constitue aujourd’hui un important levier de coopération scientifique entre le Cameroun et la France.
« Le programme Partenariat Hubert Curien Bantou a été démarré en 2024 et nous en sommes à la troisième promotion de lauréats. C’est un programme de recherche dans la coopération franco-camerounaise qui permet aux chercheurs de travailler ensemble avec de jeunes chercheurs », a-t-elle expliqué.

Parmi les lauréats, le Professeur Saidou, spécialiste de l’instrumentation environnementale, a présenté un projet axé sur le développement de solutions africaines de surveillance environnementale à faible coût.
Selon lui, ce financement permettra de renforcer les capacités techniques de son équipe, d’améliorer les prototypes développés localement et de bénéficier de l’expertise française dans le domaine de la calibration des équipements.
« Nous voulons promouvoir le Made in Cameroun à des coûts abordables », a-t-il déclaré, soulignant que les villes africaines font face à une urbanisation rapide et à une intensification des activités industrielles qui accentuent les risques de pollution atmosphérique.
À travers cette troisième édition, le PHC Bantou confirme ainsi son ambition de faire émerger une recherche collaborative, innovante et adaptée aux réalités africaines, tout en renforçant les liens scientifiques entre le Cameroun et la France.


