Le gouvernement camerounais passe à la vitesse supérieure dans la restructuration du secteur minier artisanal semi-mécanisé. En mission de terrain ce mardi 28 avril 2026 dans le département de la Kadey, région de l’Est, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (ai), le Professeur Fuh Calistus Gentry, a annoncé une série de mesures fermes destinées à mettre un terme aux pratiques illégales dans l’exploitation de l’or.
Parmi les principales décisions prises figure l’interdiction de toute exploitation artisanale au-delà de 30 mètres de profondeur. Selon le membre du gouvernement, toute activité dépassant cette limite devra obligatoirement migrer vers une exploitation industrielle ou vers le régime de petite mine.
Cette opération de contrôle a conduit la délégation ministérielle sur plusieurs sites aurifères de Ketté. La société Xin Yang, qui exploite 24 “bold”, a accepté de respecter un seuil minimal de production fixé à 7 kilogrammes d’or par mois. En cas de non-respect de cet engagement, les autorités préviennent que les installations seront démantelées et les équipements immédiatement saisis.
L’entreprise Zinnarry Mining, disposant de 10 “bold”, devra quant à elle produire au minimum 5 kilogrammes d’or chaque mois, sans possibilité de négociation à la baisse.
Pour le gouvernement, cette réforme constitue une étape essentielle dans l’assainissement du secteur minier camerounais. Le Professeur Fuh Calistus Gentry estime que l’application stricte de ces nouvelles mesures permettra de multiplier par cinq la production annuelle d’or déclarée au Cameroun et de réduire l’écart entre l’or réellement exploité et celui officiellement enregistré.
Outre le respect du seuil minimal de production, les exploitants devront également satisfaire à plusieurs obligations réglementaires. Il s’agit notamment du paiement d’une caution environnementale de 63 millions de FCFA pour 21 hectares exploités, du respect des obligations fiscales ainsi que de la migration vers un système d’exploitation à vase clos dans un délai maximal de six mois.
Cette deuxième journée d’opérations de démantèlement dans la Kadey témoigne de la volonté des autorités camerounaises de reprendre le contrôle d’un secteur longtemps confronté à l’exploitation anarchique, aux pertes économiques et aux impacts environnementaux préoccupants.


