Réunis au ministère de la Communication à Yaoundé, le 30 avril à la salle d’auditorium du ministère de la la communication,plusieurs membres du gouvernement ont échangé avec les professionnels des médias sur les enjeux du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-4) couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE). Objectif : renforcer la sensibilisation des populations, rassurer sur la confidentialité des données collectées et lutter contre les rumeurs susceptibles de freiner cette importante opération nationale.
Autour des membres du gouvernement, professionnels des médias, responsables administratifs et acteurs institutionnels ont été édifiés sur les enjeux de cette vaste opération statistique nationale.
Face aux journalistes, les autorités ont insisté sur le caractère stratégique du recensement pour la planification du développement du Cameroun. Le gouvernement estime en effet que le pays a besoin de données démographiques, sociales et économiques fiables et actualisées afin d’orienter efficacement les politiques publiques, améliorer l’offre des services sociaux de base et mieux répondre aux besoins des populations.
Le dernier recensement général de la population remonte à 2005. Depuis lors, le Cameroun a connu d’importantes mutations démographiques, économiques et sociales. Avec une population aujourd’hui estimée à plus de 30 millions d’habitants, les pouvoirs publics souhaitent disposer d’informations précises sur la population, l’habitat, l’emploi, l’éducation, la santé, les migrations ainsi que le potentiel agro-pastoral du pays.
Prenant la parole au cours de cette rencontre, le ministre de la Communication a souligné l’importance démographique et économique de cette opération.
« L’enjeu démographique va permettre de transformer les différentes composantes de la population en moteur de croissance, notamment le cas de la jeunesse », a-t-il déclaré.
Le membre du gouvernement a également tenu à rassurer les populations sur la protection des données collectées.
« Il y a une garantie de confidentialité des informations recueillies. D’ailleurs, 99 % des ménages interrogés ont accepté de répondre aux questions des agents recenseurs. Ce qui témoigne d’une forte adhésion populaire à cette opération qu’il faut saluer et encourager », a-t-il ajouté.
Selon les responsables gouvernementaux, le RGPH-4 permettra notamment de mieux identifier les besoins des populations, planifier les infrastructures sociales, améliorer les politiques d’emploi, de santé et d’éducation, renforcer la décentralisation et disposer d’indicateurs fiables pour le développement économique et social.
Cette nouvelle édition du recensement sera marquée par plusieurs innovations technologiques. Contrairement aux précédentes opérations, la collecte des données se fera en grande partie à l’aide d’outils numériques afin de garantir davantage de rapidité, de précision et de transparence dans le traitement des informations.
Le Bureau Central des Recensements et des Études de Population (BUCREP), principal organe technique chargé de l’opération, a rassuré sur les dispositions logistiques, sécuritaires et organisationnelles mises en place pour couvrir l’ensemble du territoire national, y compris les zones difficiles d’accès. Un important dispositif de formation des agents recenseurs est également en cours afin d’assurer le professionnalisme des équipes déployées sur le terrain.
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les journalistes, notamment sur la prise en compte des populations déplacées, l’accessibilité des zones enclavées et la protection des données personnelles. En réponse, les autorités ont assuré que toutes les données collectées resteront strictement confidentielles et seront utilisées exclusivement à des fins statistiques.
Les membres du gouvernement ont par ailleurs insisté sur l’importance de l’implication des médias et des relais communautaires dans la réussite de cette double opération nationale. Leaders traditionnels, responsables religieux, présidents d’associations et influenceurs locaux ont été appelés à jouer un rôle actif dans la sensibilisation des populations et la lutte contre la désinformation.
Les autorités craignent en effet que certaines rumeurs, notamment liées à d’éventuelles taxes ou à des risques d’expropriation, ne freinent l’adhésion des populations. D’où la nécessité, selon elles, de renforcer la communication de proximité afin de rassurer les ménages et encourager leur participation volontaire.
Sur le plan juridique, les autorités ont rappelé que le Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitat est institué par le décret présidentiel N°2015/397 du 15 septembre 2015, tandis que le Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage est encadré par le décret présidentiel N°2015/292 du 29 juin 2015.
La tutelle institutionnelle de ces opérations est assurée conjointement par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) et le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU). Sur le plan opérationnel, les activités sont conduites par le BUCREP et la Coordination nationale du RGAE.
Les autorités ont également rappelé que conformément à l’article 15 de la loi N°2020/010 du 20 juillet 2020 régissant l’activité statistique au Cameroun, les personnes physiques et morales soumises aux enquêtes et recensements statistiques sont tenues de répondre avec exactitude aux questions des agents recenseurs. La même loi garantit par ailleurs le respect du secret statistique et la confidentialité des données collectées.
À travers cette conférence de presse, le gouvernement entend ainsi faire du RGPH-4 et du RGAE des opérations transparentes, inclusives et essentielles pour la construction des politiques publiques et le développement du Cameroun dans les prochaines années.


