Le conseil municipal de Dibang a adopté à l’unanimité, le 21 août 2026, le compte administratif de l’exercice 2025. La séance de travail, étalée sur deux jours, a permis aux conseillers municipaux, à l’exécutif communal, aux responsables de la chaîne financière et aux représentants de la tutelle de passer en revue la gestion financière de la commune, les recettes mobilisées, les dépenses exécutées ainsi que les projets réalisés au cours de l’exercice écoulé.
Les travaux ont été coprésidés par la commission des finances du conseil municipal et l’exécutif municipal, chapeauté par son chef, Véronique Eliane Ngo Bikay épouse Kome, maire de la Commune de Dibang. Au-delà de l’examen technique du compte administratif, les échanges ont constitué un véritable exercice de reddition des comptes, dans un esprit de dialogue entre les différentes composantes de la gouvernance communale.

Une hausse significative des recettes
Dans son rapport, la commission des finances a rappelé son rôle dans le contrôle de la gestion budgétaire de la commune. Elle examine notamment le budget en recettes et en dépenses, les projets de délibération ayant une incidence financière ainsi que les conditions d’exécution des prévisions budgétaires.
L’examen de l’exercice 2025 fait ressortir une progression importante des ressources mobilisées. Selon les données présentées au conseil, les recettes sont passées de 409 610 222 FCFA en 2024 à 1 864 876 728 FCFA en 2025 soit un pourcentage de 353,28%, environ 20 fois celui des années antérieures. Dans le même temps, les dépenses payées sont passées de 409 143 884 FCFA à 931 357 677 FCFA soit un pourcentage de 127,65%. Un travail à féliciter selon le président de la commission.
Pour la commission des finances, ces chiffres traduisent une amélioration de la capacité de la commune à mobiliser et à exécuter ses ressources, même si des écarts demeurent entre les crédits programmés, les dépenses ordonnancées et les paiements effectivement réalisés.
Les projets pluriannuels au cœur des préoccupations
Derrière les chiffres, les conseillers municipaux ont également porté leur attention sur l’exécution des investissements, notamment des projets dont la réalisation s’étend sur plusieurs exercices.
Le président de la commission des finances a souligné que certains projets non exécutés peuvent continuer à peser sur les budgets successifs, donnant parfois l’impression d’un volume budgétaire important sans que celui-ci ne se traduise suffisamment par des réalisations visibles sur le terrain.
« On a l’impression que le budget est gonflé, mais à l’exécution, on ne parle même pas parce que les projets ne sont jamais exécutés », a-t-il regretté.
Une préoccupation également partagée par Véronique Ngo Bikaye, qui a relevé les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de certains projets transférés à la commune et bénéficiant de l’accompagnement de différents partenaires.
La maire a notamment appelé à davantage de cohérence dans l’accompagnement des collectivités territoriales, estimant que la réussite des projets locaux dépend aussi de la constance des partenaires.
« Nous avons besoin de véritables partenaires d’accompagnement au développement. Sans eux, nous ne pouvons rien », a-t-elle souligné.
Des investissements dans le secteur social
Malgré ces difficultés, le rapport présenté au conseil fait ressortir plusieurs réalisations dans le domaine social. La commission compétente fait état, au titre de l’exercice 2025, d’investissements de 34 835 966 FCFA dans différents projets relevant de son domaine de compétence.

Parmi les réalisations citées figurent notamment la construction d’un bloc de 2 salles de classe, l’acquisition d’équipements destinés aux établissements scolaires, l’équipement de la bibliothèque de la case communautaire et la construction d’une cantine scolaire, sans perdre de vue les actions d’accompagnement directe des populations vunérables.
Les documents relatifs aux marchés communaux font par ailleurs apparaître des opérations portant notamment sur la construction de blocs de latrines dans plusieurs écoles publiques ainsi que la construction d’une cantine à l’école maternelle francophone de Sombo. Le rapport des autres commissions reste aussi élogieux.
« Un esprit de soulagement »
Au terme des travaux, le président de la commission des finances a dressé un bilan nuancé de la session. Il a notamment salué le dialogue instauré entre la commission et l’exécutif municipal au cours de l’examen du compte administratif.
« Nous sortons d’ici avec un esprit de soulagement, pas forcément avec un esprit de satisfaction », a-t-il déclaré, estimant que les deux jours de travaux ont permis de mettre les différents acteurs face à leurs responsabilités.
Le vote à l’unanimité du compte administratif 2025 est ainsi apparu comme un signal positif de la collaboration entre le conseil municipal et l’exécutif conduit par Véronique Ngo Bikaye.
La tutelle insiste sur la reddition des comptes
À la clôture des travaux, le préfet du Nyong-et-Kéllé, Emmanuel Ledoux Engamba, a salué la régularité avec laquelle le conseil municipal de Dibang s’acquitte de son obligation de reddition des comptes.
Le représentant de l’État a rappelé l’importance du compte administratif dans l’appréciation de l’action d’une collectivité territoriale.
« Le compte administratif n’est pas un simple exercice comptable, il est le miroir fidèle de l’action municipale écoulée », a-t-il déclaré.

Le préfet a également insisté sur la nécessité d’un rapprochement entre l’ordonnateur, représenté par le maire, et le comptable public, représenté par le receveur municipal. Une collaboration qui, selon lui, contribue à renforcer la crédibilité de la commune auprès de l’État, des partenaires techniques et financiers et des populations.
Il a par ailleurs appelé les conseillers municipaux à respecter les échéances légales relatives à l’adoption et à l’approbation du compte administratif.
La mobilisation des recettes comme prochain défi
Les échanges ont également permis d’ouvrir le débat sur les perspectives de la Commune de Dibang, notamment dans le contexte des évolutions de la fiscalité locale.
La mobilisation des ressources propres apparaît désormais comme l’un des principaux défis pour la collectivité. L’exécutif communal devra ainsi poursuivre les efforts engagés pour améliorer les recettes tout en renforçant l’efficacité de la dépense publique locale.
La modernisation de la gestion communale et la transformation numérique des collectivités ont également été évoquées comme des leviers susceptibles d’améliorer les performances de l’administration municipale.
Une adoption qui ouvre une nouvelle étape
Au terme de deux jours de travaux, le conseil municipal de Dibang a donc validé à l’unanimité le compte administratif de l’exercice 2025.
La progression des recettes et des dépenses exécutées, ainsi que les investissements réalisés dans les secteurs sociaux et autres, constituent des motifs d’encouragement. Mais les élus restent confrontés à plusieurs défis, notamment l’exécution effective des projets pluriannuels, la mobilisation des ressources et la transformation des crédits budgétaires en réalisations concrètes.
La session aura ainsi permis de confronter les résultats financiers aux réalités du terrain et de dégager des pistes d’amélioration pour les prochains exercices.
À Dibang, le vote à l’unanimité du compte administratif 2025 marque donc à la fois l’aboutissement d’un exercice de reddition des comptes et le point de départ d’une nouvelle exigence : faire davantage correspondre les ressources mobilisées aux réalisations attendues par les populations.



