L’Interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC) s’inquiète des conséquences d’une étude publiée le 16 septembre 2026 faisant état d’une possible contamination de poulets et d’œufs produits au Cameroun. Elle questionne notamment la taille de l’échantillon et le contexte de publication de ces résultats.
La polémique enfle autour de la qualité des produits issus de la filière avicole camerounaise. Dans un communiqué rendu public le 6 octobre 2026 à Yaoundé, le président de l’Interprofession avicole du Cameroun monte au créneau après la publication, le 16 septembre dernier, d’une étude affirmant avoir détecté des métaux lourds et d’autres agents jugés dangereux dans des poulets et des œufs produits au Cameroun.
Pour l’interprofession, ces conclusions méritent d’être examinées avec prudence avant d’être généralisées à l’ensemble de la production nationale. Le document à l’origine de la controverse porte, selon le communiqué, sur 48 poulets et 180 œufs. Un échantillon que les professionnels invitent à mettre en perspective avec l’ampleur de la filière camerounaise.
Une filière qui a changé d’échelle
Derrière cette réaction se joue aussi la défense d’un secteur devenu stratégique pour l’alimentation des ménages et l’activité économique. L’Interprofession rappelle que la production avicole serait passée de 68 millions de poulets en 2011 à 101 millions en 2020.
Cette progression est présentée comme le résultat des investissements consentis par les entrepreneurs camerounais et comme un pas vers une plus grande autonomie du pays en matière de production avicole.
Dans ce contexte, l’interprofession redoute qu’une communication alarmiste sur la qualité des produits locaux ne fragilise la confiance des consommateurs, alors que les producteurs se préparent à une période particulièrement importante pour leurs activités.
À l’approche des fêtes, la filière s’interroge
La période n’est pas anodine. À l’approche des fêtes de fin d’année, la consommation de poulets et d’œufs connaît traditionnellement une hausse. Pour les aviculteurs, un recul de la demande aurait des conséquences directes sur les exploitations, les emplois et les revenus générés par toute la chaîne de production.
Le communiqué pose ainsi plusieurs questions sur les effets de la médiatisation de l’étude : qui pourrait tirer avantage d’une perte de confiance des consommateurs dans les produits avicoles camerounais ? L’interprofession s’interroge également sur les intérêts qui pourraient être servis par un éventuel recul de la production locale.

Ces interrogations relèvent toutefois, à ce stade, du questionnement des professionnels. Le communiqué ne fournit pas d’éléments permettant d’attribuer la publication ou la médiatisation de l’étude à un acteur cherchant délibérément à affaiblir la filière.
Au-delà de la controverse, l’enjeu reste celui de la confiance. Entre les producteurs qui défendent leurs investissements, les consommateurs qui veulent être rassurés sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes et les chercheurs appelés à documenter les risques sanitaires, le débat appelle surtout des données vérifiables et représentatives.
L’Interprofession avicole du Cameroun demande ainsi que la question de la qualité des produits avicoles soit abordée sur la base d’éléments scientifiques suffisamment solides pour apprécier la situation de l’ensemble de la filière, plutôt qu’à partir de résultats dont la portée serait, selon elle, difficile à généraliser.
Source : le communiqué de l’IPAVIC .




