C’est un discours fort et engagé qu’a livré Thierry Eba, président du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication (SPIC), lors de l’ouverture de la 2ᵉ édition des Universités de la Presse organisée en partenariat avec l’UNESCO Cameroun. Un plaidoyer vibrant pour l’unité des métiers de la communication et la défense collective de la liberté de la presse au Cameroun.
« Notre métier est en crise », a affirmé Thierry Eba, évoquant à la fois les défis internes du secteur et les bouleversements causés par les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Mais au-delà des menaces, il a aussi mis en lumière la désunion qui règne souvent au sein même des professionnels des médias.
C’est cette fragmentation que le SPIC, syndicat récemment légalisé en mars 2020, entend combattre en fédérant journalistes, cameramen, techniciens, animateurs et communicateurs autour d’un combat commun : la défense de la liberté d’informer.
« Quand une équipe de journalistes est attaquée, ce ne sont pas que les journalistes qui sont ciblés. Il faut une organisation qui protège tous les acteurs de la chaîne de l’information »,

a souligné le président du SPIC. Il a rappelé, à titre d’exemple, le rôle joué par le syndicat lors des marches blanches de 2018, pour la libération de deux journalistes du quotidien Le Jour.
L’événement, qui s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse, se voulait également un moment de réflexion. Thierry Eba a invité les participants, issus de diverses universités et médias, à repenser leur pratique professionnelle à l’ère de l’intelligence artificielle. Tout en saluant les avancées qu’elle permet notamment en matière de correction et de rapidité de traitement de l’information – il a mis en garde contre les risques de manipulation et de diffusion de fausses nouvelles.
« Nous ne devons pas être les relais d’informations non vérifiées. Cette journée doit aussi être l’occasion de nous interroger sur notre utilité réelle dans la société », a-t-il insisté.
À travers ce discours, le SPIC a rappelé l’importance d’un journalisme impartial, éthique et responsable, à l’heure où les pressions politiques et économiques mettent à rude épreuve la liberté d’expression. L’organisation se positionne comme un acteur central pour unifier les voix et renforcer la résilience des professionnels de l’information au Cameroun.
Martin Donald Ngane


