Créée en 1954, la Fondation Médicale AD Lucem continue de jouer un rôle central dans le système de santé camerounais. Lors de son Assemblée générale ordinaire tenue le 11 juillet 2025 à Olembe, elle a présenté le bilan des années 2022-2023 et dévoilé d’ambitieux projets dans un contexte sanitaire encore fragile.
Un contexte post-COVID encore difficile
Les années 2022 et 2023 ont été marquées par de profondes perturbations dans le secteur de la santé au Cameroun, conséquence directe de la pandémie de COVID-19. Comme l’a rappelé le vice-président du conseil d’administration Dr Thiebault Pierre-Yves, la fréquentation des formations sanitaires avait chuté, les populations redoutant une éventuelle mise en quarantaine ou contamination.
« L’impact de la pandémie a été lourd, mais grâce au courage et à l’abnégation de notre personnel, nous avons pu préserver la continuité des soins », a-t-il affirmé.

Malgré ce climat difficile, la Fondation AD Lucem a enregistré un taux d’exécution de 80 % de ses objectifs, preuve de sa résilience et de sa capacité d’adaptation.
Des infrastructures modernisées
Parmi les principales réalisations de la période 2022-2023, figurent :
La construction d’un bâtiment administratif moderne au quartier Zalom, dans la localité de Mfou.
L’aménagement du nouveau siège de la Direction générale à Olembe, véritable bijou architectural.
L’amélioration de l’offre de soins dans plusieurs localités, malgré les contraintes budgétaires.
Ces investissements s’inscrivent dans la volonté de la fondation de renforcer son réseau de santé communautaire et de pallier certaines failles structurelles du système sanitaire camerounais.
Un nouvel élan stratégique : vers une faculté de médecine
Lors de cette Assemblée générale, la direction a annoncé une série de réformes majeures :
La création prochaine d’un Centre hospitalier universitaire (CHU) de 300 lits à Yaoundé, intégré à la Direction générale.
La mise en place d’un centre de formation paramédical, avec pour objectif à moyen terme d’ouvrir une faculté de médecine propre à la fondation.
La construction d’un hôpital à Yassa (Douala), d’un centre d’hémodialyse à Bafang, et d’un centre de rééducation fonctionnelle à Disangué.
« Nous n’oublions pas la rénovation de nos trois hôpitaux stratégiques situés sur les axes accidentogènes — Efok, Bafang et Edéa — car ils sont en première ligne pour la prise en charge des accidentés de la voie publique », a précisé Dr Bidzogo Atangana, Administrateur Directeur Général de la Fondation.
Un acteur clé dans la politique sanitaire camerounaise
En activité depuis plus de 70 ans, la Fondation AD Lucem est l’un des rares établissements privés à but non lucratif à avoir déployé un réseau médical structuré sur l’ensemble du territoire camerounais. Dans un pays où les défis en matière de santé restent nombreux – inégalités d’accès, dépendance aux importations pharmaceutiques, sous-équipement des hôpitaux – elle joue un rôle de partenaire complémentaire de l’État.
L’Assemblée générale a également permis de pointer les difficultés persistantes du secteur :
Faible mobilisation des ressources financières,
Insuffisance des plateaux techniques,
Trop forte dépendance aux produits pharmaceutiques importés.
Autant de problématiques qui nécessitent une synergie entre secteur public, privé et partenaires internationaux, pour bâtir un système de santé plus robuste et accessible.
Une dynamique partenariale renforcée
L’événement a réuni plusieurs personnalités du monde médical, dont le Directeur de l’hôpital de référence de Sangmélima, des partenaires stratégiques, ainsi que des représentants d’organisations de la société civile.
Avec ses nouvelles orientations, la Fondation AD Lucem s’inscrit dans une vision sanitaire durable, plaçant la qualité des soins, la formation et l’équité territoriale au cœur de ses priorités.
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