À trois mois du scrutin présidentiel, les lignes bougent dans le landerneau politique camerounais. La convocation du corps électoral le 9 juillet dernier par décret présidentiel a donné le coup d’envoi officiel de la bataille pour Etoudi. Depuis, les tractations, négociations et initiatives de coalition s’intensifient à tous les niveaux.
C’est dans ce contexte effervescent que Dalami Abdoulmoumini, président national de l’Union Nationale Démocratique Camerounaise (UNDC), a surpris la scène politique en sollicitant une rencontre officielle avec le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, également candidat déclaré à sa propre succession.
Figure bien connue de la classe politique pour ses appels constants à l’unité de l’opposition et pour son engagement actif contre les violences faites aux femmes ainsi que l’immigration clandestine, Dalami Abdoulmoumini fait ici un geste qui suscite interrogations et spéculations. Que cherche réellement le président de l’UNDC ? Une alliance stratégique avec le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ? Une médiation politique ? Ou une tentative de négociation pour peser dans la balance du scrutin à venir ?
Les observateurs de la scène politique y voient une manœuvre calculée à la fois audacieuse et pragmatique. Dans une opposition souvent fragmentée et minée par les ambitions personnelles, l’initiative de Dalami pourrait marquer un tournant, voire bousculer les équilibres traditionnels. Il n’est pas exclu que cette main tendue vers le pouvoir en place soit perçue comme un signal fort de recherche de stabilité et de responsabilité dans une période cruciale pour le pays.
Mais la question demeure : Paul Biya répondra-t-il à cette demande de rencontre ? Et si oui, que pourrait-il en sortir ?
En politique camerounaise, rien n’est jamais écrit d’avance. Et comme le veut l’adage, « en politique, tout est possible ». Ce qui est certain, c’est que cette élection présidentielle s’annonce d’ores et déjà riche en rebondissements.


