Face à la persistance alarmante du travail des enfants dans le monde en général et au Cameroun en particulier, le Comité National de Lutte contre le Travail des Enfants (CNLTE) a ouvert, le mardi 19 août 2025 à Yaoundé, sa session statutaire de 2025 sous la présidence de Grégoire Owona, Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale.
Selon les dernières estimations conjointes de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de l’UNICEF, près de 160 millions d’enfants à travers le monde sont encore contraints de travailler, parfois dans des conditions particulièrement pénibles et dangereuses. Le Cameroun n’est pas en reste, même si les chiffres exacts sont en cours d’actualisation par l’Institut National de la Statistique (INS).
Cette réalité, qualifiée d’« avilissante et condamnable » par les autorités camerounaises, justifie l’urgence d’une mobilisation accrue. « La tenue de cette session illustre la détermination des pouvoirs publics et de leurs partenaires à mener des actions concertées et efficaces pour prévenir et éradiquer le travail des enfants », a déclaré le président du CNLTE, Grégoire Owona en ouvrant les travaux.
Un engagement renforcé du Cameroun
Depuis plusieurs années, le gouvernement a multiplié les initiatives pour protéger les enfants : directives aux inspecteurs du travail, révision de la liste nationale des travaux dangereux interdits aux mineurs, ratification des conventions internationales de l’OIT et adoption d’un Plan d’Action National pour l’Élimination des Pires Formes de Travail des Enfants (PANETEC). Le Cameroun s’est également engagé comme « Pays pionnier » dans l’Alliance 8.7, une plateforme internationale visant à éradiquer durablement le travail des enfants.

Un projet de liste actualisée des travaux dangereux interdits aux enfants, élaboré avec l’appui technique du Bureau International du Travail (BIT), sera présenté au cours des assises.
Focus sur le secteur cacao
Le secteur agricole, notamment la filière cacao, reste particulièrement concerné. Une étude menée avec l’appui de la FAO a mis en lumière l’ampleur du phénomène. Ses résultats devraient permettre de définir des actions concertées afin de garantir une production de cacao camerounais « exempt du travail des enfants, mais compétitive sur le marché mondial ».
Vers une nouvelle stratégie nationale
Cette session 2025 vise à dresser le bilan des actions déjà entreprises et à définir de nouvelles orientations pour renforcer la stratégie nationale. Les échanges devraient déboucher sur des engagements concrets inscrits dans le calendrier du PANETEC.
En clôturant son allocution, le président du CNLTE a appelé à une « mobilisation patriotique » pour relever ce défi majeur et offrir aux enfants camerounais un avenir digne, fondé sur le travail décent et la justice sociale.
Martin Donald Ngane


