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Présidentielle 2025 : le Cradec interpelle les candidats pour un Cameroun juste et prospère

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À l’approche des élections présidentielles, le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (Cradec) a dévoilé un plaidoyer ambitieux, appelant les futurs dirigeants à s’engager pour une gouvernance intègre, une justice fiscale et une redistribution équitable des richesses. L’objectif est clair : restaurer la confiance des citoyens et bâtir un Cameroun prospère pour tous.

Lutter contre la corruption et restaurer la confiance

Chaque année, la corruption coûte au Cameroun près de 500 milliards de FCFA, selon la CONAC. Malgré l’article 66 de la Constitution qui impose la déclaration des biens des responsables publics, cette disposition reste lettre morte. Le Cradec propose de rendre ces déclarations obligatoires et publiques, de réduire les détournements et surfacturations dans les marchés publics et de créer une instance indépendante de contrôle dotée d’un pouvoir de sanction.

Une telle réforme, soutient l’organisation, pourrait générer 30 % de recettes fiscales supplémentaires en cinq ans sans alourdir la charge des ménages pauvres.

Mobiliser des ressources équitables et durables

Le Cameroun dépend encore à près de 20 % de l’aide extérieure. Pourtant, ses ressources minières et pétrolières représentent environ un cinquième du budget national, mais restent opaques et mal redistribuées. Le Cradec recommande :

la publication systématique des contrats extractifs,

une réforme de la fiscalité minière et pétrolière,

et la digitalisation des paiements fiscaux pour réduire la corruption.

L’expérience du Rwanda, qui a digitalisé son administration fiscale et instauré un régime simplifié pour les petits commerçants, montre qu’une telle approche peut accroître les recettes de 60 % en quelques années.

Stopper l’hémorragie des flux financiers illicites

En 2023, le Cameroun a perdu près de 1 700 milliards de FCFA à travers les flux financiers illicites — davantage que le budget annuel de l’éducation et de la santé réunis. Pour y faire face, le Cradec appelle à :

créer un registre public des bénéficiaires effectifs des entreprises,

renforcer la législation anti-blanchiment,

et doter les organes de contrôle comme l’ANIF et les douanes de moyens suffisants.

Ces mesures visent à réduire de 40 % les capitaux illicites en cinq ans et à améliorer la crédibilité financière du Cameroun sur la scène internationale.

Égalité de genre et inclusion des jeunes

Avec plus de 52 % de femmes dans la population, celles-ci ne représentent pourtant que moins de 10 % des députés et moins de 15 % d’accès au crédit bancaire. Le Cradec plaide pour une loi sur la parité, fixant un quota minimum de 30 % de femmes et jeunes dans les instances élues et nommées, ainsi que la budgétisation sensible au genre dans toutes les administrations.

Un fonds national d’appui aux projets des femmes et jeunes entrepreneurs permettrait, selon l’organisation, de libérer tout le potentiel créatif et économique de cette frange majoritaire de la population.

Un appel aux candidats

À travers ce plaidoyer, le Cradec interpelle directement les candidats à la présidentielle : oser rompre avec les pratiques de gouvernance opaques et inéquitables, pour ouvrir la voie à un Cameroun où la justice fiscale, la transparence et l’inclusion sociale seront les moteurs d’un développement durable.

Car, conclut l’organisation, « un Cameroun juste et prospère ne peut naître que de la volonté politique de mettre les richesses nationales au service de tous ».

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