Face à une crise post-électorale marquée par des perturbations sécuritaires, des violences et la fermeture des agences de voyage, le secteur du transport routier camerounais a été gravement impacté. Les ralentissements des échanges commerciaux, les hausses de prix et la baisse de la distribution des biens ont freiné la dynamique économique. Le Gouvernement camerounais met en place des mesures d’urgence pour sortir de cette stagnation et relancer les activités économiques à travers la fluidification du transport des biens et des personnes au cours d’une rencontre avec les acteurs du secteur des transports le 04 novembre 2025 le Ministre des Transports a rassuré de la reprise effective des activités sur les tronçons routiers.
Des perturbations aux conséquences économiques lourdes
Depuis plusieurs jours, la circulation des marchandises et des voyageurs connaît des ralentissements notables sur certains corridors. Ces perturbations, liées à divers facteurs sécuritaires et administratifs, ont eu un impact direct sur l’approvisionnement des marchés, entraînant des hausses de prix et une baisse des volumes de distribution dans plusieurs régions. La crise post-électorale a accentué ces difficultés, notamment avec la fermeture des agences de voyage qui a privé de nombreuses personnes de leurs options de déplacement, exacerbant ainsi la paralysie du secteur du transport.
Les opérateurs économiques ont évoqué une stagnation temporaire de l’activité, aggravée par la lenteur des procédures, les embouteillages aux postes de contrôle et les difficultés d’accès à certaines zones de consommation. Face à cette situation, le Gouvernement a décidé d’intensifier ses efforts pour fluidifier les opérations de transport routier et rétablir la circulation normale des biens et des personnes.
Les transporteurs plaident pour la réduction des tracasseries et des taxes routières
Au cours de la réunion, les transporteurs ont exprimé leurs préoccupations et formulé plusieurs propositions pour améliorer le climat des affaires dans le secteur. Ils ont notamment souhaité la réduction des tracasseries routières et la révision à la baisse des taxes jugées trop élevées sur certains tronçons routiers, estimant que ces contraintes freinent le transport des marchandises et renchérissent le coût des produits sur le marché. Les participants ont également plaidé pour une meilleure harmonisation des contrôles sur le terrain, afin d’éviter les multiples arrêts qui ralentissent la circulation et nuisent à la compétitivité des transporteurs camerounais sur les corridors régionaux.
Sécuriser les corridors et protéger la chaîne logistique
Le premier axe d’intervention du Gouvernement concerne la sécurité. Des patrouilles mixtes seront renforcées sur les principaux axes routiers et ferroviaires afin de protéger les convois. Un système d’escorte pour les transports interurbains sera également mis en œuvre, tout comme une surveillance accrue des sites de stockage des produits pétroliers. Les comités locaux de vigilance seront mobilisés pour appuyer les forces de sécurité et fournir des informations de terrain, dans le but de prévenir toute perturbation des activités industrielles et commerciales.
Alléger les contraintes administratives pour accélérer les flux
Le deuxième volet porte sur la simplification des procédures logistiques et administratives. Les contrôles non essentiels aux postes de pesage seront réduits, et des mesures incitatives seront adoptées pour accélérer l’enlèvement des marchandises dans les ports. Ces réformes visent à réduire les temps d’attente, désengorger les corridors de transit et stimuler la reprise du commerce intérieur et extérieur, condition essentielle à la relance économique.
Mieux coordonner les actions pour une efficacité opérationnelle
Pour restaurer la fluidité des échanges, le Gouvernement prône désormais une coordination interinstitutionnelle renforcée. Les convois groupés de marchandises seront privilégiés, de même que le transport ferroviaire du bétail vers les centres urbains. Par ailleurs, des campagnes de vente de produits de grande consommation seront organisées afin de stabiliser les prix et d’assurer l’approvisionnement des populations. Des brigades de contrôle seront également déployées pour lutter contre les spéculations et les pratiques commerciales illicites, responsables de déséquilibres sur le marché.
Communication, transparence et mobilisation collective
Le Ministre des Transports a insisté sur la nécessité d’une communication constante avec les syndicats et les acteurs du secteur. Les transporteurs seront informés en temps réel des dispositifs sécuritaires déployés et des accompagnements possibles par les forces de l’ordre sur les trajets sensibles.
« Le Gouvernement reste pleinement mobilisé pour garantir la continuité des activités économiques et la sécurité des échanges sur toute l’étendue du territoire », a rassuré Jean Ernest Masséna NGALLÈ BIBEHÈ.
Il a également lancé un appel au civisme et à la responsabilité collective, soulignant que la relance effective des activités dépend de la coopération de tous les acteurs.
Un signal fort pour la relance de l’économie nationale
À travers ces mesures et cette écoute des préoccupations du secteur, le Gouvernement envoie un signal clair : la stagnation des activités économiques n’est pas une fatalité. En agissant simultanément sur les plans sécuritaire, logistique, fiscal et administratif, les autorités entendent rétablir la confiance, garantir la fluidité du transport routier et redonner de l’élan à l’économie nationale.


