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Cameroun-Discours du 10 février 2026 : Entre les mots de Paul Biya et le mur de la réalité

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​Le 10 février 2026, le Chef de l’État a de nouveau promis une « lutte acharnée » contre la corruption. Mais pour une jeunesse camerounaise étranglée par le chômage, le contraste entre les discours solennels et la gestion opaque des ressources nationales à l’instar du dossier SGS  n’a jamais été aussi criant.

​La promesse de trop ?

​À l’occasion de la 60ᵉ Fête de la Jeunesse, Paul Biya a joué la carte de la continuité : appel à l’unité, stabilité des institutions et engagement pour l’épanouissement des jeunes. Un discours rassurant sur la forme, mais qui se heurte à une réalité de terrain : le système ne semble plus suivre la vision.

​Le « cas SGS » : Le symbole d’une fuite des capitaux

​Pourquoi les caisses de l’État semblent-elles vides alors que certains secteurs génèrent des milliards ? L’exemple du contrat de scanning au Port de Douala (SGS) est une véritable onde de choc :

​164,4 milliards FCFA générés entre 2016 et 2024.

​Seulement 16 % (26 milliards) reversés à l’État.

​Une répartition opaque : La majeure partie de ces royalties alimente des cabinets ministériels et des structures administratives plutôt que le budget d’investissement public.

​Le constat est amer : l’argent de la croissance circule en circuit fermé au sein de l’élite administrative, laissant la jeunesse sur le banc de touche.

​Une jeunesse qui n’attend plus des mots, mais des comptes

​Pour le jeune diplômé de Douala ou de Maroua, le décalage est insupportable. Comment croire à la « lutte contre la corruption » quand :

Les contrats stratégiques restent verrouillés depuis 20 ans ?

​Le renouvellement générationnel aux postes de décision est au point mort ?

​L’accès au financement reste un parcours du combattant ?

L’urgence d’un séisme structurel

​La stabilité du Cameroun ne pourra pas tenir éternellement sur de simples encouragements. Pour éviter le sacrifice d’une génération, le Président Paul Biya doit passer à l’offensive :

​Auditer et renégocier les contrats publics léonins.

​Centraliser les recettes pour qu’elles servent l’emploi et l’innovation.

​Ouvrir la gouvernance à de nouveaux visages.

​ Le 10 février 2026 ne doit pas être une date de plus dans le calendrier des promesses. Sans actes concrets sur la redistribution des richesses, le risque de désillusion pourrait transformer la « maturité » saluée par le Président en une rupture générationnelle majeure.

 

La rédaction

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