La coopération africaine en matière de promotion et de protection des droits humains franchit une nouvelle étape. À travers un message officiel adressé au Professeur James Mouangue Kobila, président du Réseau africain des institutions nationales des droits de l’Homme (RINADH) et de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun, Madame Amina Bouayach, présidente de l’Alliance globale des institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI) et du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) du Royaume du Maroc, a salué l’élection du responsable camerounais et réaffirmé la volonté d’une coopération renforcée entre les deux institutions.
Dans sa correspondance, la responsable marocaine a exprimé ses chaleureuses félicitations au nouveau président du RINADH, soulignant que son leadership, son expérience et son engagement constant en faveur des droits humains devraient insuffler une nouvelle dynamique au réseau continental. Cette reconnaissance intervient dans un contexte où les institutions nationales africaines des droits de l’Homme jouent un rôle de plus en plus déterminant dans la consolidation de l’État de droit et la prévention des violations des droits fondamentaux.
Une convergence d’objectifs pour le continent
Au-delà des félicitations protocolaires, cette lettre met en lumière une convergence stratégique entre le CNDH du Maroc et la Commission camerounaise des droits de l’Homme. Les deux institutions entendent renforcer leurs échanges d’expertise, mutualiser leurs expériences et coordonner leurs actions au sein des plateformes internationales, notamment la GANHRI et le RINADH.
La présidente de la GANHRI a également salué le succès de la 15ᵉ Conférence biennale du réseau africain, marquée par la qualité des travaux, la participation active des délégations africaines et l’hospitalité offerte par les organisateurs. L’événement a permis d’aborder plusieurs défis contemporains auxquels font face les États africains, notamment la gouvernance démocratique, la protection des populations vulnérables et la consolidation des mécanismes nationaux de surveillance des droits humains.
La question migratoire au cœur des priorités
Un autre point majeur de cette coopération concerne la protection des migrants. Madame Bouayach a exprimé sa gratitude pour l’appui apporté par la partie camerounaise à la tenue de la réunion du Groupe de travail sur les migrations. La participation de représentants de plus de vingt institutions nationales africaines des droits de l’Homme illustre la prise de conscience croissante du continent face aux enjeux migratoires.
Dans un contexte marqué par les déplacements internes, les crises sécuritaires et les migrations économiques, les INDH africaines se positionnent désormais comme des acteurs essentiels dans la protection des droits des migrants, notamment en matière d’assistance juridique, de plaidoyer et de prévention des abus.
Vers un partenariat institutionnel durable
Le message de la présidente du CNDH marocain réaffirme enfin la disponibilité de son institution à consolider les relations bilatérales avec son homologue camerounais, tout en œuvrant conjointement au sein des cadres continentaux et internationaux. L’objectif affiché est clair : fédérer les efforts africains et porter une voix commune pour la défense des droits fondamentaux.
Cette collaboration illustre l’émergence d’une diplomatie africaine des droits humains, fondée sur la solidarité institutionnelle, l’échange d’expériences et la coordination des actions. Pour les observateurs, le rapprochement entre le Maroc et le Cameroun dans ce domaine pourrait contribuer à renforcer l’efficacité des mécanismes africains de protection des droits de l’Homme et à donner davantage de poids aux institutions nationales dans les instances internationales.
Au-delà d’une simple correspondance officielle, cet échange traduit ainsi une volonté partagée : faire des droits humains un pilier central de la coopération africaine et un levier de stabilité et de développement durable sur le continent.


