Le 20 février 2026 à Yaoundé, le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, a présidé la cérémonie marquant l’entrée en phase opérationnelle du partenariat stratégique entre le Cameroun et l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI).
Cette étape décisive concrétise la Lettre d’Intention signée en octobre 2024 à Hambourg et ouvre la voie à la mobilisation de financements pouvant atteindre 2,5 milliards de dollars pour soutenir la transformation structurelle et durable de l’économie camerounaise.
Une coopération fondée sur la performance
Le partenariat avec la CAFI s’inscrit dans une logique de financement basé sur les résultats. Autrement dit, la mobilisation progressive des ressources dépendra de la mise en œuvre effective et des performances enregistrées dans les réformes engagées, notamment en matière de gouvernance forestière, d’aménagement du territoire et de transition agroécologique.
Alignée sur la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) et la Vision d’émergence à l’horizon 2035 impulsée par le Président Paul Biya, cette dynamique vise à concilier croissance économique, inclusion sociale et préservation des écosystèmes.
Quatre projets pilotes structurants
Quatre projets pilotes majeurs ont été officiellement lancés pour traduire cette ambition en actions concrètes :
PCIM (GIZ & PNUD) : renforcement de la coordination intersectorielle et multiniveaux afin d’assurer une meilleure cohérence des politiques publiques liées aux forêts et à l’utilisation des terres.
PAIDATA (FIDA & FODECC) : intensification durable de l’agriculture et promotion de la transition agroécologique, avec pour objectif d’améliorer la sécurité alimentaire tout en réduisant la pression sur les ressources forestières.
PRCAT (GIZ) : consolidation des capacités en matière d’aménagement du territoire, en vue d’une planification plus efficace et durable.
PGIP-GM (KfW) : gestion intégrée du paysage du Grand Mbam, combinant protection des écosystèmes, développement local et résilience climatique.
Ces initiatives traduisent une approche intégrée du développement durable, articulant gouvernance, production agricole, planification territoriale et gestion des paysages.
Répondre aux défis environnementaux et socio-économiques
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique et les enjeux de sécurité alimentaire, ce partenariat constitue une réponse stratégique aux défis contemporains.
Il s’agit non seulement de préserver les forêts du Bassin du Congo — deuxième massif forestier tropical au monde — mais aussi de créer des opportunités économiques durables pour les populations locales, notamment à travers l’agroécologie, la valorisation des chaînes de valeur vertes et l’amélioration de la gouvernance foncière.
Une mobilisation collective indispensable
Le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) appelle à une mobilisation concertée de toutes les parties prenantes : administrations sectorielles, collectivités territoriales décentralisées, secteur privé, organisations de la société civile, universités et centres de recherche.
La réussite de ces projets pilotes sera déterminante pour accélérer les financements d’ici 2030 et positionner durablement le Cameroun comme un acteur clé de l’économie verte en Afrique centrale.
Vers un modèle de croissance résilient
Au-delà des financements annoncés, l’enjeu est celui d’un changement de paradigme : passer d’un modèle de développement fortement dépendant de l’exploitation des ressources naturelles à une économie verte, résiliente et inclusive.
Avec le lancement opérationnel des projets pilotes Cameroun–CAFI, le pays amorce ainsi une étape structurante de son agenda climatique et économique, plaçant la durabilité au cœur de sa trajectoire d’émergence.


