Le rideau est tombé sur le projet ProPFR (Promotion d’une Politique Foncière Responsable) ce 18 mars 2026 à l’hôtel Star Land de Yaoundé, au terme de trois années d’expérimentation et d’actions sur le terrain. Piloté par le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), avec l’appui technique et financier de la coopération allemande à travers la GIZ et en collaboration avec des partenaires des Nations unies, ce programme s’inscrit dans une dynamique de réforme profonde de la gouvernance foncière au Cameroun.
Dans son allocution, Knut Gummert, chef de la coopération à l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, a salué les résultats obtenus et l’impact concret du projet sur les communautés rurales :
« Ce projet avait un objectif principal : améliorer l’accès à la terre sécurisée aux populations rurales. C’est important pour le développement rural et l’utilisation des ressources pour augmenter la productivité agricole. La collaboration entre la coopération allemande et le MINDCAF a été fructueuse. Je pense que nous avons enregistré de bons résultats. »

Le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, Henri Eyebe Ayissi, a pour sa part insisté sur la portée stratégique des innovations introduites par le ProPFR. Il a souligné que les expérimentations menées depuis 2022 ont permis d’alimenter la réflexion autour de la réforme du cadre légal foncier.
« Nous évoluons avec les Nations unies et développons des partenariats. La GIZ se positionne comme un partenaire stratégique dans ce projet », a-t-il affirmé.
Parmi les avancées majeures figure la mise en place du certificat de possession du droit foncier coutumier, un instrument novateur appelé à renforcer la reconnaissance juridique des droits traditionnels. Ce certificat, qui sera signé par les autorités administratives et les chefs traditionnels, constitue une étape importante vers une meilleure intégration du droit coutumier dans le système formel.
En parallèle, deux types d’attestations ont été élaborés et expérimentés sur le terrain. Ces documents permettent respectivement de constater l’occupation du domaine national et de reconnaître l’existence des droits fonciers coutumiers des populations. Ces outils répondent à une réalité de terrain où de nombreuses communautés occupent des terres sans titre formel, tout en y exerçant des droits légitimes depuis plusieurs générations.
L’objectif global reste clair : faciliter l’accès sécurisé à la propriété foncière pour le plus grand nombre, en particulier les groupes vulnérables. À ce titre, le projet a mis un accent particulier sur l’inclusion des femmes et des populations marginalisées, souvent exclues des mécanismes traditionnels d’accès à la terre.
Les résultats obtenus sont significatifs. Dans les communes pilotes de Yoko et Nanga Eboko, 1 084 ménages ont vu leurs droits d’usage ou de possession reconnus, dont 329 au nom des femmes et 100 au profit de groupes marginalisés. Une avancée notable dans un contexte où les inégalités d’accès à la terre demeurent un enjeu majeur.
Sur le plan institutionnel, quatre procédures améliorées ont été validées, contribuant à simplifier et à rendre plus accessibles les mécanismes de sécurisation foncière. Ces procédures visent notamment à réduire les délais, les coûts et la complexité administrative liés à l’obtention de documents fonciers.
La cérémonie de clôture a été marquée par plusieurs temps forts, notamment les allocutions officielles, la présentation des résultats du projet, des témoignages de bénéficiaires et de partenaires, ainsi qu’une visite de stands d’exposition mettant en lumière les outils et approches développés. Une représentation théâtrale est venue illustrer, de manière pédagogique, les enjeux liés à la sécurisation foncière en milieu rural.
Au-delà du bilan, cet atelier a également permis de réfléchir aux perspectives. Les partenaires ont insisté sur la nécessité d’assurer la pérennisation des acquis, à travers l’appropriation des outils par les acteurs locaux, le renforcement des capacités de la société civile et l’implication accrue du secteur privé, notamment dans les investissements agroforestiers responsables, en particulier dans la filière cacao.
En définitive, le projet ProPFR aura permis de poser des bases solides pour une réforme foncière plus équitable, en phase avec les réalités locales. Il ouvre ainsi la voie à une meilleure sécurisation des droits fonciers, condition indispensable pour stimuler les investissements, prévenir les conflits et promouvoir un développement rural durable au Cameroun.


