Organisée ce 31 mars 2026 à l’esplanade du bâtiment annexe du MINRESI, la rentrée scientifique s’est tenue sous la présidence du Ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Placée sous le signe de l’autonomisation des femmes et des jeunes, cette édition met en lumière le rôle déterminant de la recherche et de l’innovation dans la promotion de l’entrepreneuriat et la transformation socio-économique du Cameroun
Une recherche tournée vers l’entrepreneuriat et l’impact socio-économique
La leçon inaugurale de cette rentrée scientifique a permis de présenter plusieurs innovations entrepreneuriales issues des instituts sous tutelle du Ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI). Ces initiatives traduisent une volonté claire : faire de la recherche un levier concret de développement.
Parmi les axes majeurs évoqués figurent la création de startups pharmaceutiques locales, le développement de micro-industries dans les communes, ainsi que la promotion des PME dans des secteurs innovants tels que l’énergie propre et la construction écologique.
Cette dynamique s’inscrit dans une logique de substitution aux importations et de promotion du slogan : « Consommons ce que nous produisons ».
La recherche, pilier stratégique de la SND30
La recherche scientifique occupe une place centrale dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Elle constitue un moteur essentiel pour bâtir une économie durable, structurée autour de la valorisation des ressources locales et de la transition vers une économie verte.
À travers la fabrication de foyers écologiques, le développement d’énergies propres ou encore la construction durable, le MINRESI entend faire émerger un tissu industriel respectueux de l’environnement.
Transformer la recherche en emplois durables : un défi majeur
La problématique centrale soulevée cette année reste :
Comment transformer les résultats de la recherche en emplois durables pour les femmes et les jeunes ?
Si le système national de recherche produit une matière scientifique abondante, le défi réside désormais dans la création de passerelles efficaces entre la recherche et le marché de l’emploi.
Dans cette optique, le déploiement de centres de développement et d’incubation agro-industriels apparaît comme une solution structurante, favorisant la création d’emplois en milieu rural et l’autonomisation économique des femmes.
Des avancées significatives en matière d’inclusion et de gouvernance
Entre 2015 et 2024, 1000 chercheurs ont été recrutés, dont 480 femmes, soit 45 % de l’effectif. Une progression notable qui traduit la prise en compte de l’approche genre dans les politiques publiques du MINRESI.
Par ailleurs, le gouvernement a renforcé les conditions de vie des chercheurs à travers deux décrets signés en 2023 et 2024, portant respectivement sur leur statut spécial et la revalorisation de leurs primes.
Sur le plan de la coopération, 64 accords de partenariat ont été conclus, dont 22 au niveau national, 11 au niveau régional et 34 à l’international, afin de dynamiser l’écosystème de recherche et d’innovation.
Des success stories inspirantes
La valorisation des résultats de la recherche se traduit déjà par des initiatives concrètes. Un entrepreneur local, par exemple, transforme les semences d’anacarde issues de l’IRAD en produits dérivés tels que les chips, les jus et autres produits agroalimentaires, générant un chiffre d’affaires annuel de plus de 23 millions de FCFA.
D’autres niches émergent, notamment dans les domaines de la radioprotection, du contrôle nucléaire et de la sécurité radiologique, avec l’intégration de jeunes ingénieurs dans des programmes d’incubation spécialisés.
Un appel à l’action pour une recherche productive
Pour la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dr Madeleine Tchuinte :
« Valoriser la recherche, ce n’est pas seulement publier davantage. C’est aussi transférer, diffuser, adapter, protéger, incuber, entreprendre et surtout industrialiser. »
Elle appelle à une mobilisation accrue en faveur des jeunes et des femmes, dont le potentiel constitue une ressource stratégique pour le pays.
« Les résultats de vos travaux doivent enrichir notre tissu productif et ouvrir de nouvelles perspectives. Il est essentiel d’accompagner les jeunes porteurs de projets vers l’entrepreneuriat », a-t-elle souligné.
Vers un nouveau modèle de développement
À travers cette rentrée scientifique 2026, le Cameroun réaffirme son ambition de faire de la recherche un véritable moteur de développement durable, inclusif et créateur d’emplois.
La transformation des connaissances en opportunités économiques concrètes apparaît désormais comme la clé pour bâtir une économie résiliente, portée par l’innovation locale et le génie des jeunes et des femmes.


