La Consultation régionale sur la justice transitionnelle en Afrique centrale s’est achevée le 24 avril 2026 à l’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé, sous la présidence du Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo. Pendant deux jours, experts, représentants gouvernementaux, diplomates et organisations internationales ont réfléchi aux mécanismes capables de renforcer la paix, la réconciliation et la cohésion sociale dans une sous-région confrontée à plusieurs crises sécuritaires et communautaires.
Organisée par le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC), en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, la CEEAC, l’UNOCA, l’OIF et plusieurs partenaires institutionnels, cette consultation a réuni près de quarante participants venus du Burundi, du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Congo et du Tchad.
La cérémonie de clôture a connu la participation du Vice-président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun, des représentants du corps diplomatique ainsi que des spécialistes de la justice transitionnelle issus de plusieurs pays d’Afrique centrale.
Au cœur des échanges figurait la mise en œuvre de la Politique de justice transitionnelle de l’Union africaine. Les travaux visaient notamment à élaborer un plan d’action régional, renforcer les capacités des acteurs étatiques et non étatiques, partager les bonnes pratiques et promouvoir une coopération régionale durable.
Le rapport général présenté à la clôture a permis de faire un état des lieux des initiatives engagées dans plusieurs États de la sous-région. Concernant le Cameroun, les participants ont salué certaines mesures prises dans le cadre de la gestion de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Parmi les avancées évoquées figurent le Grand Dialogue National tenu en 2019, la mise en place d’un comité de suivi des recommandations, le programme présidentiel de reconstruction des régions du NOSO et de l’Extrême-Nord, le statut spécial accordé aux régions anglophones, ainsi que les programmes DDR de désarmement, démobilisation et réinsertion.
Le rapport a également mis en avant les mesures de remises de peines, de libérations et de réparations engagées dans certains processus de réconciliation, tout en soulignant l’importance de l’implication des femmes et des jeunes dans les mécanismes de justice transitionnelle.
Réagissant à l’issue des travaux, Jean de Dieu Momo a salué la richesse des échanges entre les États participants.
« La densité et la qualité du rapport qui vient d’être fait sur les propositions pertinentes au regard de la justice transitionnelle montrent que le partage d’expériences avec les autres États a été d’un très grand enrichissement. Plusieurs pays représentés y ont apporté leurs expériences », a-t-il déclaré.
Le membre du gouvernement camerounais a notamment évoqué l’expérience du Cameroun dans les régions anglophones, où certaines initiatives locales ont favorisé le retour progressif du dialogue et du vivre-ensemble.
« Le Cameroun a apporté son expérience avec la crise du NOSO. C’est l’expérience dans le Nord-Ouest où le chef d’une localité a appelé ses populations à mettre fin à la guerre, déposer les armes et essayer de reconstruire le vivre ensemble avec les communautés », a-t-il expliqué.

De son côté, Nouhoum Sangaré a insisté sur la portée stratégique de cette consultation régionale.
« Les deux jours de travaux ont été intenses et féconds. Cette consultation a permis de faire un état des lieux dans plusieurs pays de l’Afrique centrale qui sont en train de mettre en œuvre des mécanismes de justice transitionnelle », a-t-il souligné.
Pour le responsable onusien, les défis restent importants dans des sociétés fragilisées par les conflits et les violences.
« Les crises secouent la cohésion et la stabilité sociale. Cela devient complexe de reconstruire le vivre-ensemble. La justice doit aussi être faite aux victimes affectées et aux communautés », a-t-il ajouté.

Au terme des travaux, les participants ont adopté plusieurs engagements visant à renforcer la coopération régionale et l’appropriation des mécanismes africains de justice transitionnelle, avec pour ambition de consolider durablement la paix et la stabilité en Afrique centrale.


