Moment historique le 25 avril 2026 à Ngoro dans le département du Mbam-et-Kim. Le chef supérieur des Sanaga-Djanti-Baveck et Assimilés, S.M Mveimani Sombo Amba a procédé à l’adoubement d’une nouvelle génération de notables, dans une cérémonie à la fois solennelle, symbolique et résolument tournée vers l’avenir.
Ils sont venus de tous les horizons : villages rattachés, localités voisines et même au-delà. Femmes, hommes et jeunes ont reçu des mains de la plus haute autorité traditionnelle leurs attributs, entrant ainsi dans le cercle fermé de la notabilité. Frères du Roi, oncles du Roi, princes, reines, Saraki… autant de titres désormais portés par ces personnalités triées sur le volet.
Mais ici, le prestige n’est qu’une façade. Car derrière l’apparat se cache une mission lourde de responsabilités.
« Le notable est choisi pour porter les autres »
Dans un discours à la fois profond et marquant, Sa Majesté Mveimani Sombo Amba a tenu à recadrer le sens même de la notabilité :
« Le notable n’est pas un homme ordinaire élevé au-dessus des autres ; il est un homme choisi pour porter les autres. Une oreille qui écoute avant de parler, une bouche qui apaise avant de juger, une main qui rassemble avant de séparer. »

S’appuyant sur la sagesse africaine, le souverain a rappelé que la solidité d’une société repose sur ses fondations humaines :
« Quand le baobab tombe, ce n’est pas le vent seul qui l’a abattu, c’est que ses racines avaient commencé à faiblir. Lorsque la société vacille, c’est vers les notables que l’on se tourne. »
Un message clair : les nouveaux promus sont désormais en première ligne face aux défis sociaux et communautaires.
Une stratégie d’ouverture assumée
La cérémonie, rehaussée par la présence du préfet du Mbam-et-Kim, Norbert Kouela, ainsi que de nombreuses autorités administratives, traditionnelles et religieuses, consacre une nouvelle vision de la chefferie.

L’institution ne se limite plus à ses seuls fils. Elle s’ouvre désormais à d’autres compétences, venues d’ailleurs, et même à des amis, dans une logique de rayonnement et de modernisation assumée.
Tradition, identité et puissance culturelle
Au-delà de l’acte d’adoubement, Ngoro a vibré au rythme d’une démonstration culturelle impressionnante. Danses, rites, symboles : la chefferie a déployé tout son arsenal pour affirmer son identité.
Pour le notable Pr Eric Mathias Owona Nguini, l’enjeu est fondamental :
« C’est un grand moment d’exaltation de la tradition, mais aussi une célébration de l’identité. Ces valeurs sont essentielles pour donner des repères aux communautés. »

Une nouvelle ère s’ouvre
Rites de purification, transmission des symboles, reconnaissance publique… tout était réuni pour marquer un tournant.
À Ngoro, ce 25 avril 2026 ne restera pas une simple cérémonie. Il acte le début d’une nouvelle ère : celle d’une chefferie qui conjugue tradition et ambition, enracinement et ouverture, héritage et projection.
Une chefferie désormais portée par une notabilité renouvelée, appelée à écrire la suite de son histoire.



