La Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC) a franchi une étape décisive de son histoire le samedi 13 juin 2026 à Yaoundé. Réunis en Conseil fédéral extraordinaire puis en Assemblée générale extraordinaire, les délégués venus de différentes factions de la centrale syndicale ont adopté deux résolutions majeures : la suspension du camarade Abraham Baboulé et l’élection d’un nouveau bureau exécutif ayant à sa tête Célestin Bama Synguima, appelé à conduire la renaissance de l’organisation.
Placée sous le thème : « Unité et revitalisation de la CSTC pour la valorisation du travailleur Camerounais », cette rencontre a été marquée par une forte volonté de réconciliation après plusieurs années de divisions internes qui ont affaibli la première centrale syndicale du Cameroun.
Selon plusieurs intervenants, les difficultés actuelles trouvent leur origine dans la crise de gouvernance qui a suivi l’expiration du mandat des anciens dirigeants . Certains responsables ont dénoncé des pratiques ayant contribué à accentuer les fractures au sein de l’organisation, notamment l’organisation de réunions restreintes à une poignée de syndicats alors que la confédération en compte plusieurs dizaines.
« Aujourd’hui, il est davantage question d’unité et de réconciliation », a indiqué un responsable syndical, soulignant que la CSTC doit désormais retrouver sa place de force de proposition dans le dialogue social national.
Une nouvelle équipe pour relancer l’action syndicale
À l’issue des travaux, un nouveau bureau a été élu avec pour mission prioritaire de redonner à la CSTC sa crédibilité et sa capacité d’action. Le président élu, Célestin Bama Synguima a salué la maturité des congressistes et la volonté des différentes sensibilités de mettre un terme aux querelles internes.« Après tant d’années de luttes et de divisions, notre principal souci était de voir la CSTC redevenir une seule et même famille. Les travailleurs ont besoin de nous. Nous allons nous mettre au travail afin de porter leurs préoccupations auprès des autorités compétentes », a-t-il déclaré.
Le nouveau dirigeant a également insisté sur la nécessité de défendre les intérêts des travailleurs dans un contexte marqué par les préoccupations liées au SMIG, aux conditions de travail et à la promotion du travail décent.

Le retour de l’unité salué par les anciens responsables
Pour le trésorier Aimé Prospère Essomba, ancienne dissident, la tenue du Conseil extraordinaire et du congrès constitue un événement historique. Ont souligné la présence d’anciens présidents et de représentants de différentes factions qui ont accepté d’accompagner le processus de réunification.
« Depuis 1997, la CSTC a traversé de nombreuses crises et plusieurs groupes se réclamaient de sa représentation. Aujourd’hui, nous pouvons parler de renaissance de la CSTC », a-t-il déclaré.
Les responsables sortants ont invité le nouveau bureau à poursuivre le travail de rassemblement afin de ramener au sein de la confédération tous les militants encore absents du processus.

Une unité retrouvée pour renforcer la défense des travailleurs
Le président du Conseil extraordinaire Nlepe Nlepe Fils Emmanuel Désiré s’est félicité du climat de sérénité qui a prévalu tout au long des travaux. Selon lui, la principale satisfaction réside dans le retour à une démarche unitaire.
« La CSTC a besoin d’unité pour être forte. Si la première centrale syndicale du Cameroun est faible, ce sont les travailleurs qui en souffrent », a-t-il déclaré.
Il a également relevé que les débats se sont déroulés dans un esprit démocratique, favorisant le consensus et permettant d’aboutir à des décisions acceptées par l’ensemble des participants.
Intervenant au cours des assises, le président de l’Assemblée générale Alouna Mve a salué le retour de la CSTC à ses fondamentaux et encouragé la nouvelle équipe à renforcer la participation des femmes dans les instances dirigeantes.
Il a exprimé le souhait de voir émerger une nouvelle dynamique capable de promouvoir davantage l’action féminine au sein de la centrale syndicale.
De nombreux défis en perspective
Au-delà de la réunification, les participants ont insisté sur les nombreux défis qui attendent la nouvelle direction. L’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs camerounais, le dialogue social, la défense du travail décent et le renforcement de la représentativité syndicale figurent parmi les priorités annoncées.
Pour les congressistes, l’heure n’est plus aux divisions mais à la reconstruction d’une organisation capable de peser dans les négociations sociales et de défendre efficacement les intérêts du monde du travail.
Avec l’élection de ce nouveau bureau, la CSTC ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire, placé sous le signe de l’unité retrouvée et de la relance de l’action syndicale.
Martin Donald Ngane



