
Faire du sport un véritable levier d’émancipation des jeunes filles tout en garantissant leur sécurité, leur santé et leurs droits. C’est l’ambition qui se dessine à l’issue de la rencontre entre la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) et Global Women Emancipation in Sports (GWES)le 15 août dernier.
Reçue par la CDHC, la délégation de GWES, conduite par sa présidente, Dr Fomum Victorine Agum, a présenté les principales difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes filles dans le secteur sportif et proposé la mise en place d’une collaboration institutionnelle.
Au cœur des préoccupations figure la nécessité de créer un environnement sportif dans lequel les filles peuvent pratiquer et développer leurs talents sans compromettre leur éducation, leur santé ou leur dignité.
Faire du sport un espace réellement protecteur
GWES souhaite notamment travailler sur les violations des droits dont peuvent être victimes les enfants et les jeunes filles dans le milieu sportif. L’organisation pointe également la faible représentation des femmes dans les instances dirigeantes des fédérations sportives.
Pour la structure, la question de l’émancipation passe aussi par la création d’académies sportives capables d’associer formation sportive, éducation et accompagnement sanitaire.
Cette approche permettrait d’éviter que la recherche de performance ne se fasse au détriment de l’avenir scolaire et du bien-être des jeunes athlètes.
La protection contre les violences au premier plan
Représentant le président de la CDHC, Prof James Mouangue Kobila, la Commissaire ProJoyce Bayande Mbongo Epse Endeley a identifié plusieurs domaines pouvant constituer la base d’une future coopération.
Parmi les priorités figurent le droit à la santé, l’égalité et la non-discrimination, la dignité et l’intégrité physique, la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre, ainsi que le droit à un sport sûr et inclusif.
La participation des femmes aux postes de responsabilité et leurs droits économiques, notamment l’accès à des conditions de travail décentes, font également partie des enjeux soulevés.
une convention entre les deux structures
Pour donner une dimension concrète à cette collaboration, GWES a proposé la signature d’une convention avec la CDHC. L’organisation souhaite également bénéficier régulièrement de l’expertise technique de la Commission sur les questions liées aux droits humains.
Une telle convention pourrait notamment servir de cadre à des actions de sensibilisation, au renforcement des capacités des acteurs sportifs et à une meilleure connaissance des mécanismes de protection et de signalement des violations.
Endeley a indiqué qu’elle transmettrait la proposition au président de la CDHC.
Transformer les ambitions en actions
La rencontre marque ainsi une première étape vers une collaboration dont l’impact devra se mesurer sur le terrain.
Pour les jeunes filles qui choisissent le sport, l’enjeu dépasse désormais la seule performance. Il s’agit de leur garantir un parcours dans lequel réussite sportive, éducation, santé et protection des droits peuvent avancer ensemble.
En rapprochant son expertise en matière de droits humains de l’engagement de GWES en faveur des femmes dans le sport, la CDHC pourrait contribuer à faire émerger un modèle sportif plus inclusif, plus protecteur et davantage favorable à l’émancipation des jeunes filles au Cameroun.


