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140e Journée internationale du Travail : la CDHC interpelle sur les défis persistants du travail décent au Cameroun

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À l’occasion de la célébration de la 140e édition de la Journée internationale du Travail ce 1er mai 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a rendu publique une déclaration marquée par un ton à la fois pédagogique, critique et prospectif autour du thème : « Dialogue social et travail décent : facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement économique de l’entreprise >>

Dans un contexte économique marqué par l’inflation, la précarité de l’emploi et les tensions sociales liées à la baisse du pouvoir d’achat, la CDHC estime que le dialogue social constitue aujourd’hui « le mécanisme préventif par excellence » pour préserver la stabilité sociale et la cohésion nationale.

Une fête née des luttes ouvrières de Chicago

Dans sa déclaration, le président de la CDHC revient longuement sur les origines historiques du 1er mai. L’institution rappelle que cette journée trouve son fondement dans les grandes mobilisations ouvrières organisées aux États-Unis en 1886 pour revendiquer la limitation du temps de travail à huit heures par jour.
La Commission évoque particulièrement :
les manifestations de Chicago ;
la grève des ouvriers de la McCormick Harvesting Machine Company ;
les affrontements meurtriers avec les forces de l’ordre ;
ainsi que le drame de Haymarket Square devenu un symbole mondial des luttes sociales.
La CDHC rappelle également que le Congrès de la Deuxième Internationale réuni à Paris en 1889 avait officiellement consacré le 1er mai comme journée internationale de mobilisation ouvrière.
Au Cameroun, la Fête du Travail est officiellement reconnue comme journée chômée et payée depuis la loi n°73-05 de décembre 1973.

Le travail décent présenté comme un enjeu de paix sociale

Pour la CDHC, le thème choisi cette année par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (MINTSS) rejoint parfaitement les orientations de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
L’institution insiste sur le fait que le travail décent ne se limite pas uniquement à l’emploi, mais englobe également :
la protection sociale ;
la sécurité au travail ;
l’égalité de traitement ;
le dialogue social ;
la liberté syndicale ;
et le respect de la dignité humaine.
La Commission estime qu’en période de fortes tensions économiques, l’absence de dialogue dans les entreprises peut devenir un facteur aggravant de conflits sociaux.

Le non-respect du SMIG dénoncé

La CDHC se dit particulièrement préoccupée par le non-respect du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), fixé à 60 000 FCFA depuis le décret du 21 mars 2023.
Selon la Commission, plusieurs entreprises continuent de payer des salaires inférieurs au minimum légal malgré les textes en vigueur.
Cette situation aurait des conséquences directes sur :
l’accès des familles aux soins de santé ;
la scolarisation des enfants ;
les conditions de logement ;
l’alimentation ;
et l’accès à la sécurité sociale.
La CDHC considère que la baisse du pouvoir d’achat représente désormais un risque sérieux pour la stabilité sociale.

La corruption dans le monde du travail pointée du doigt

Autre sujet majeur abordé : la corruption dans les milieux professionnels.
La Commission dénonce plusieurs pratiques récurrentes :
le monnayage des recrutements ;
les prélèvements illégaux sur salaires ;
la falsification des dossiers de sécurité sociale ;
certaines formes d’exploitation des travailleurs vulnérables ;
et la précarisation abusive des employés à travers les contrats temporaires répétés.
Pour la CDHC, ces dérives compromettent gravement la promotion du travail décent au Cameroun.

Les contrats précaires dans le viseur

La Commission appelle le ministère du Travail ainsi que les organisations syndicales à mieux encadrer :
le recours aux contrats temporaires ;
l’externalisation de la main-d’œuvre ;
et les formes déguisées de sous-emploi.
Elle recommande notamment la transformation progressive des contrats précaires en contrats à durée indéterminée (CDI), afin d’éviter que la précarité ne devienne un mode normal de gestion des ressources humaines.
220 recommandations de l’EPU : 7 liées aux travailleurs
La CDHC révèle également que sur les 220 recommandations acceptées par le Cameroun dans le cadre du 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies en mars 2024, sept concernent directement les droits des travailleurs.
Ces recommandations portent entre autres sur :
la protection des droits humains dans les entreprises ;
la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ;
la protection des enfants contre l’exploitation ;
l’accès des travailleurs à des mécanismes de recours efficaces ;
et la promotion du dialogue social.

Le secteur de la santé au cœur des priorités

La Commission salue par ailleurs les efforts du gouvernement pour limiter les impacts de la réduction des financements américains dans le secteur sanitaire.
Parmi les mesures annoncées figurent :
la restructuration du système de santé communautaire ;
le redéploiement du personnel médical ;
un accord signé le 16 décembre 2025 avec les États-Unis portant sur un appui financier estimé à environ 240 milliards FCFA ;
ainsi que la contractualisation progressive de 9 944 personnels de santé sur cinq ans.
Pour la CDHC, ces mesures devraient permettre de renforcer durablement la résilience du système national de santé.
Un appel à la responsabilité collective
Au terme de sa déclaration, la Commission appelle :
les employeurs à renforcer le dialogue social ;
les syndicats à mieux former les travailleurs sur leurs droits et obligations ;
les pouvoirs publics à garantir l’application effective des lois sociales ;
et les entreprises à intégrer davantage les principes de responsabilité sociale.
La CDHC rappelle enfin que la paix sociale, la cohésion nationale et le développement économique durable ne peuvent être atteints sans respect effectif des droits des travailleurs et sans justice sociale dans les milieux professionnels.

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