Yaoundé a accueilli du 26 au 31 mai 2026 l’Assemblée générale de l’Alliance des peuples autochtones et des communautés locales pour la conservation en Afrique (AICA). Une rencontre continentale marquée par un plaidoyer fort en faveur des droits des peuples autochtones et d’une conservation inclusive des ressources naturelles.
Réunis à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé du 26 au 31 mai 2026, les représentants des peuples autochtones et des communautés locales de plusieurs pays africains ont pris part à l’Assemblée générale de l’Alliance des peuples autochtones et des communautés locales pour la conservation en Afrique (AICA). Les travaux ont été présidés par le président de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et du Réseau des institutions nationales africaines des Droits de l’homme (RINADH), le Professeur James Mouangue Kobila, aux côtés du président de l’AICA, Malidadi Berlings Langa.
Pendant une semaine, les participants ont réfléchi aux solutions durables susceptibles de répondre aux défis environnementaux qui menacent les forêts africaines ainsi que les moyens de subsistance des peuples autochtones et des communautés locales.
Dans son intervention à l’ouverture des travaux, Malidadi Berlings Langa a rappelé la vocation de l’AICA qui entend offrir aux peuples autochtones et aux communautés locales une plateforme africaine leur permettant de défendre collectivement leurs intérêts, notamment dans les domaines de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.
Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs préoccupations majeures. Les délégués ont notamment évoqué la marginalisation persistante de certaines communautés, les difficultés d’accès aux services sociaux de base, les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles, les questions foncières ainsi que les conséquences croissantes du changement climatique.
Pour le Professeur James Mouangue Kobila, la protection des peuples autochtones doit être appréhendée dans une perspective globale. Le président du RINADH a insisté sur le fait que cette protection ne saurait se limiter aux seuls droits fonciers. Elle englobe également l’ensemble des droits consacrés par la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones de 2007, notamment les droits politiques, économiques, sociaux et culturels.
« La dignité, les droits et les aspirations des communautés autochtones doivent être pleinement pris en compte dans les politiques de développement nationales et régionales », a-t-il souligné, appelant à un engagement accru des États et des partenaires au développement.
Les participants venus de Guinée-Bissau ont, pour leur part, attiré l’attention sur les difficultés rencontrées dans le domaine de l’éducation. Ils ont plaidé pour un accompagnement renforcé de l’AICA et de ses partenaires afin d’améliorer l’accès à l’éducation des enfants et des jeunes issus des communautés autochtones.
Au-delà des débats, l’Assemblée générale 2026 de l’AICA a été marquée par des formations destinées aux jeunes, des ateliers de renforcement des capacités et des échanges stratégiques visant à accroître l’implication des communautés dans les initiatives de conservation.
Les assises se sont achevées sur un appel renouvelé à la coopération entre les différents acteurs afin de promouvoir des politiques de conservation inclusives, durables et respectueuses des droits des peuples autochtones et des communautés locales à travers le continent africain.


