Deux jours après la sortie de l’honorable Robert Bapooh Lipot appelant à une solution durable pour la route Boumnyébél–Eséka, la visite du ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, n’a pas apaisé les attentes. Au contraire, les populations riveraines estiment que les travaux d’urgence engagés ne répondent pas à l’ampleur de la dégradation de cet axe de 35 kilomètres.
La descente effectuée le 17 juillet 2026 par le ministre des Travaux publics sur le tronçon Boumnyébél–Eséka était présentée comme une mission d’évaluation de l’état d’avancement des interventions d’urgence destinées à améliorer les conditions de circulation. Une visite qui intervenait seulement 48 heures après la sortie très remarquée de l’honorable Robert Bapooh Lipot, secrétaire général de l’UPC, qui dénonçait avec vigueur l’état de délabrement avancé de cette route.
Sur le terrain, les équipes du ministère poursuivent des opérations de traitement des points critiques, de reprofilage et de rebouchage des nids-de-poule. Des travaux que les autorités considèrent comme indispensables pour rétablir provisoirement la circulation.
Mais pour une grande partie des populations de Boumnyébél, d’Eséka et des localités environnantes, ces interventions sont loin de répondre aux attentes. Les riverains décrivent un axe routier devenu quasiment impraticable, surtout en saison des pluies, avec des conséquences importantes sur les déplacements, les activités économiques et le transport des produits agricoles.

Dans les échanges avec les habitants, un même message revient avec insistance : le temps des réparations provisoires est révolu. Beaucoup estiment que cette route ne peut plus être sauvée par un simple reprofilage et réclament désormais son bitumage intégral.
Cette revendication rejoint d’ailleurs les appels lancés quelques jours plus tôt par plusieurs élites et forces vives du département du Nyong-et-Kéllé. Pour ces dernières, seule une infrastructure durable permettra de mettre définitivement fin aux difficultés que connaissent quotidiennement les usagers de cet axe stratégique.
Les propos du ministre invitant les populations riveraines à renforcer leur implication dans les activités de cantonnage et de curage des caniveaux ont également suscité des réactions mitigées. Si certains reconnaissent l’importance de l’entretien communautaire, d’autres estiment que cette participation ne saurait remplacer un investissement structurel de l’État sur une route jugée aujourd’hui à bout de souffle.
À Boumnyébél comme à Eséka, nombreux sont ceux qui considèrent que la visite ministérielle n’a pas apporté les réponses attendues. Ils espèrent désormais que les pouvoirs publics inscriront le bitumage de ce tronçon parmi les priorités d’investissement afin d’offrir une solution durable à un problème qui perdure depuis plusieurs années.

Pour les populations, le message est clair : la route Boumnyébél–Eséka n’a plus besoin d’un simple rafistolage. Elle attend une véritable renaissance à travers son bitumage, seule réponse capable de garantir une circulation sûre, de stimuler l’économie locale et de désenclaver durablement le département du Nyong-et-Kéllé.



