Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa politique de lutte contre les changements climatiques. Avec l’appui de la FAO et du Fonds pour l’Environnement mondial, le Gouvernement a engagé la phase préparatoire du projet « Gestion intégrée des paysages, utilisation durable de la biodiversité et résilience à la sécheresse dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun », une initiative destinée à restaurer les paysages dégradés et à renforcer la résilience des communautés des régions du Nord et de l’Extrême-Nord.
Face à l’accélération de la dégradation des terres, à la perte de biodiversité et à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (MINEPDED), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a officiellement lancé les travaux préparatoires de ce projet d’envergure.
L’objectif est de promouvoir une gestion intégrée des paysages afin de restaurer les écosystèmes fragilisés, préserver les ressources naturelles et améliorer durablement les conditions de vie des populations locales, fortement exposées aux sécheresses, aux inondations et à l’appauvrissement des sols.
Une réponse aux défis environnementaux du septentrion
Les régions du Nord et de l’Extrême-Nord figurent parmi les plus vulnérables aux effets du changement climatique. L’avancée de la désertification, la déforestation, la baisse de la fertilité des terres et la disparition progressive de certaines espèces compromettent les activités agricoles et pastorales, principales sources de revenus des populations.
À travers le projet« Gestion intégrée des paysages, utilisation durable de la biodiversité et résilience à la sécheresse dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun », le Cameroun entend apporter des réponses durables à ces défis tout en respectant ses engagements internationaux, notamment dans le cadre du Défi de Bonn et de l’initiative AFR100. Le pays s’est fixé pour objectif de restaurer près de 12 millions d’hectares de terres dégradées et de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Une approche participative privilégiée par la FAO
Pour assurer le succès de cette initiative, la FAO met l’accent sur une démarche inclusive associant l’ensemble des parties prenantes. Administrations publiques, collectivités territoriales décentralisées, organisations de la société civile, chercheurs, acteurs du secteur privé ainsi que les communautés locales seront pleinement impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre du projet.
Selon Fidèle Kengni, Chargé des programmes représentant le Directeur général de la FAO, cette concertation permettra de concevoir un programme répondant aux exigences environnementales et sociales du Fonds pour l’Environnement mondial.

Le bambou et les produits forestiers non ligneux au cœur des opportunités économiques
Au-delà des enjeux environnementaux, le projet ambitionne également de créer des perspectives économiques pour les populations. La valorisation durable du bambou et des produits forestiers non ligneux devrait favoriser la création d’emplois et de nouvelles sources de revenus, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le MINEPDED précise que cette phase préparatoire servira à définir les priorités d’intervention, identifier les zones les plus affectées et mettre en place un dispositif efficace de suivi-évaluation avant la soumission officielle du projet au Fonds pour l’Environnement mondial.
Un engagement en faveur d’un développement durable
À travers ce projet , le Cameroun confirme sa volonté de faire de la restauration des paysages un levier de développement durable. En conciliant protection de l’environnement, lutte contre la pauvreté et adaptation aux changements climatiques, cette initiative ouvre la voie à une transformation durable des territoires les plus vulnérables du pays.
Le lancement de cette phase préparatoire marque ainsi le point de départ d’une mobilisation nationale en faveur d’écosystèmes restaurés, de communautés plus résilientes et d’une gestion durable des ressources naturelles.
Donald NGANE



