À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, célébrée le 2 octobre 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) invite les pouvoirs publics, les acteurs sociaux et l’ensemble des citoyens à privilégier le dialogue, la tolérance et les moyens pacifiques dans la prévention et le règlement des conflits. Placée sous le thème « La non-violence comme moyen de promouvoir la paix et le développement », cette journée met en lumière le rôle de la non-violence dans la consolidation de la paix et la protection de la dignité humaine.
Dans sa déclaration publiée à cette occasion, la CDHC rappelle la portée historique de cette journée, intimement liée à la figure de Mahatma Gandhi, né le 2 octobre 1869 à Porbandar, en Inde. La Commission revient notamment sur le parcours de Gandhi en Afrique du Sud à partir de 1893, où il développa une approche fondée sur la résistance non violente face aux discriminations raciales dont étaient victimes les populations indiennes.
Le 11 septembre 1906, à Johannesburg, Gandhi engagea ainsi une campagne de résistance contre une législation imposant aux populations asiatiques du Transvaal des mesures discriminatoires d’enregistrement. Cette mobilisation donnera naissance au Satyagraha, une méthode de lutte fondée sur la vérité et la force de la non-violence.
Un principe consacré par le droit africain
Pour la CDHC, la non-violence ne relève pas uniquement d’une exigence morale ou d’un idéal de société. Elle trouve également son fondement dans les instruments juridiques africains relatifs aux droits humains, à la paix et à la gouvernance.
La Commission cite notamment l’article 23 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, entrée en vigueur le 21 octobre 1986 et ratifiée par le Cameroun le 20 juin 1989. Cette disposition reconnaît aux peuples le droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international.
La CDHC évoque également la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, dont certaines dispositions consacrent le rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement et encouragent le dialogue politique et social comme moyen de consolidation de la paix.
Dans cette perspective, la Commission considère la non-violence comme un instrument de prévention des conflits, de règlement pacifique des différends et de préservation de la dignité humaine.
Dialogue et diplomatie contre les divisions
En s’alignant sur le thème retenu pour l’édition 2026, la CDHC souligne la nécessité, pour les gouvernements et les différents acteurs de la société, de privilégier les voies pacifiques pour surmonter les divisions et apaiser les tensions.
Dialogue, diplomatie et autres moyens non violents sont ainsi présentés comme des outils permettant de combattre les injustices et de mettre fin aux souffrances dans le respect des droits fondamentaux.
La Commission attire également l’attention sur les facteurs socio-économiques susceptibles de fragiliser les bases de la paix. La pauvreté et les inégalités, relève-t-elle, peuvent en effet alimenter les frustrations et compromettre la stabilité des sociétés.
Un appel particulier au contexte camerounais
Pour la CDHC, la célébration de cette journée revêt une importance particulière dans le contexte national. Elle constitue une occasion de promouvoir la non-violence comme mode privilégié d’expression des revendications et de règlement des différends.
La Commission appelle ainsi à une mobilisation de l’ensemble des forces vives de la Nation. Administrations publiques, autorités traditionnelles et religieuses, organisations de la société civile, médias, établissements éducatifs, familles et citoyens sont invités à contribuer à la construction d’une culture de paix.
Cette démarche passe notamment par l’éducation à la paix, la tolérance, le dialogue interculturel et le respect des droits de l’homme et des peuples.
Faire de la non-violence une culture collective
Au-delà de la seule célébration du 2 octobre, la déclaration de la CDHC invite à inscrire la non-violence dans les pratiques quotidiennes et dans les mécanismes de gestion des différends.
Dans un environnement où les tensions peuvent rapidement fragiliser la cohésion sociale, la promotion du dialogue et du respect mutuel apparaît comme un enjeu qui concerne aussi bien les institutions que les communautés et les citoyens.
À travers son message, la Commission entend donc faire de la Journée internationale de la non-violence un moment de sensibilisation, mais également une invitation à l’action : prévenir plutôt que réprimer, dialoguer plutôt que s’affronter et rechercher des solutions pacifiques aux différends dans le respect de la dignité de chacun.


