À une semaine de l’élection du Conseil d’administration de la Société camerounaise des droits voisins (SCDV), Aladji Touré a présenté, le 8 octobre 2026 au cours d’une conférence de presse tenue au Café Vienna du supermarché Mahima , les grandes lignes de son programme. Le candidat à la présidence mise sur une gouvernance plus transparente, une meilleure perception et répartition des droits, ainsi que sur la relance du dossier de la copie privée, qu’il présente comme un enjeu majeur pour l’avenir des titulaires de droits voisins au Cameroun.
Au cours de cette conférence de presse, le candidat a placé sa démarche sous le signe de la responsabilité, de la transparence et de la défense des intérêts des titulaires de droits. Pour lui, l’enjeu de cette élection dépasse la seule désignation d’une équipe dirigeante. Il s’agit surtout, dit-il, de définir le modèle de SCDV que les membres souhaitent pour les prochaines années.
Une candidature fondée sur l’expérience
Aladji Touré explique sa candidature par son expérience dans le secteur artistique et culturel. Bassiste, instrumentiste, arrangeur, producteur, éditeur et manager, il affirme avoir consacré cinq décennies de sa vie à l’art, à la musique et à la culture.
Cette expérience l’a également conduit à participer à la création de la SCDV, dont il est l’un des cofondateurs et le premier président du Conseil d’administration.
« Un artiste ne devrait jamais avoir à se battre pour comprendre ce qu’est devenu le fruit de son travail », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité pour les titulaires de droits de savoir comment leurs droits sont perçus, répartis et rémunérés.
Le candidat reconnaît que tout n’a pas été parfait lors de sa première expérience à la tête de la société. Il souhaite toutefois que les responsabilités soient appréciées en fonction des périodes et des fonctions effectivement exercées.
Il affirme ainsi ne pas vouloir faire le procès des équipes qui lui ont succédé, tout en refusant d’être tenu responsable d’une gestion à laquelle il dit ne pas avoir participé.
Quatre priorités au cœur du programme
Pour concrétiser sa vision, Aladji Touré et son équipe proposent quatre grandes priorités : renforcer la gouvernance et la transparence, améliorer la perception et la répartition des droits, informer et accompagner les membres, et faire avancer le dossier de la copie privée.
Renforcer la gouvernance et la transparence
La première priorité concerne la gouvernance de la SCDV.
L’équipe propose, au début du mandat, de réaliser un état des lieux administratif, financier et opérationnel de la société. Il s’agira notamment d’examiner les dossiers en cours, les engagements, les ressources, les difficultés rencontrées et les acquis à préserver.
Le fonctionnement du Conseil d’administration devrait également être davantage structuré. Chaque décision importante devrait être assortie d’un responsable chargé de son suivi, d’étapes de réalisation et d’un compte rendu d’avancement.
L’objectif est de permettre aux administrateurs de ne pas seulement prendre des décisions, mais également de vérifier leur mise en œuvre.
La reddition des comptes aux membres constitue également un volet important de cette proposition. Aladji Touré souhaite une information régulière sur les activités, les décisions et les résultats de la société, dans le respect des textes applicables et de la confidentialité des données individuelles.
Améliorer la perception et la répartition des droits
La deuxième priorité porte sur la mission centrale de la SCDV : défendre les droits, percevoir les sommes dues et les répartir conformément aux règles applicables.
L’équipe entend procéder à un examen des perceptions actuelles, des accords existants, des paiements attendus et des difficultés de recouvrement.
Un meilleur suivi des utilisateurs
concernés, des échéances et des relances est également envisagé afin de sécuriser les perceptions.
Autre chantier annoncé : la fiabilisation des données nécessaires aux répartitions. Pour l’équipe d’Aladji Touré, la qualité d’une répartition dépend notamment de la fiabilité des informations relatives aux titulaires de droits, aux enregistrements et aux contributions de chacun.
Le candidat souhaite par ailleurs rendre les répartitions plus régulières et plus compréhensibles. Chaque membre devrait pouvoir savoir à quelle période correspond son versement, quelles ressources ont été réparties et quels critères ont été appliqués.
Un dispositif de réception et de suivi des réclamations est également envisagé.
Prudent, Aladji Touré ne promet pas de montant précis à chaque membre. « Nous ne pouvons pas annoncer aujourd’hui un montant garanti pour chaque membre », a-t-il reconnu, tout en promettant de mieux organiser les perceptions, de fiabiliser les répartitions et d’expliquer les résultats.
Informer, former et accompagner les membres
La troisième priorité repose sur la proximité avec les membres.
Pour le candidat, la connaissance des droits constitue une condition essentielle à leur défense. La SCDV devrait donc, selon lui, devenir un interlocuteur plus accessible et capable d’accompagner les titulaires de droits dans leurs différentes démarches.
Des outils d’information simples sont ainsi envisagés pour répondre aux principales interrogations : définition des droits voisins, bénéficiaires, constitution ou actualisation d’un dossier, suivi d’une demande et compréhension d’une répartition.
L’équipe prévoit également des séances de formation adaptées aux différents métiers du secteur.
Les besoins d’un artiste-interprète, d’un musicien ou d’un producteur n’étant pas nécessairement les mêmes, les formations devraient tenir compte des réalités propres à chaque catégorie professionnelle.
L’amélioration de l’accueil et du suivi des demandes figure également parmi les propositions. Chaque membre devrait savoir à quel interlocuteur s’adresser et pouvoir suivre l’évolution de sa requête jusqu’à son traitement.
Une attention particulière devrait enfin être accordée aux régions et aux jeunes professionnels, afin de renforcer la proximité de la société avec l’ensemble de ses membres.
La copie privée, un dossier stratégique
Le quatrième axe du programme concerne la copie privée, présentée par Aladji Touré comme l’un des grands enjeux d’avenir des droits voisins au Cameroun.
Pour faire avancer ce dossier, son équipe propose d’abord d’établir un état précis de la situation, en réunissant les textes, décisions, correspondances et données disponibles.
Cette première étape doit permettre d’identifier ce qui a déjà été accompli, ce qui reste à résoudre et les différents interlocuteurs concernés.
Sur cette base, un plan de travail devrait être élaboré afin de déterminer les démarches à entreprendre, les responsabilités et les différentes étapes.
L’équipe entend ensuite poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics, les organismes et les autres acteurs concernés.
La préparation de la gestion des ressources susceptibles d’être perçues constitue également un volet de cette démarche. Il s’agira notamment de prévoir les mécanismes d’identification des bénéficiaires, de traçabilité des sommes et d’explication des règles de répartition.
Aladji Touré promet enfin une information régulière des membres sur les avancées, les démarches effectuées, les réponses obtenues et les éventuelles difficultés.
« La copie privée n’est donc pas un sujet parmi d’autres : c’est un combat, une priorité et une partie de l’avenir des droits voisins », a-t-il affirmé.
Une méthode basée sur le suivi des résultats
Au-delà des quatre priorités, le programme présenté repose sur une méthode de travail destinée à rendre les actions évaluables.
Pour chaque action, l’équipe entend définir le résultat recherché, la personne ou l’instance responsable, les moyens nécessaires, les différentes étapes de réalisation ainsi que les éléments permettant de mesurer les progrès.
Cette approche doit permettre au Conseil d’administration de suivre régulièrement les actions engagées et d’adapter les moyens lorsque des difficultés se présentent.
Les membres pourraient ainsi apprécier le travail réalisé à partir d’éléments concrets, notamment les décisions exécutées, les perceptions réalisées, les dossiers traités, les réclamations résolues, les formations organisées et les avancées enregistrées sur le dossier de la copie privée.
Seize candidats pour porter le projet

Aladji Touré est accompagné de seize femmes et hommes issus de différentes composantes du secteur des droits voisins.
Artistes-interprètes, musiciens, chanteurs, choristes, comédiens, acteurs, danseurs, producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes composent cette équipe qui entend associer expérience et jeunesse.
Pour le candidat, la fonction d’administrateur ne doit être ni un titre ni un privilège, mais une responsabilité au service de l’ensemble des titulaires de droits.
Les médias sollicités pour accompagner le débat
La rencontre avec la presse a également permis à Aladji Touré de préciser le rôle qu’il souhaite voir jouer aux médias dans le débat autour des droits voisins.
Il appelle les journalistes à informer, questionner, confronter les faits et suivre les engagements des différents acteurs, sans prendre parti pour une candidature.
Pour lui, les notions de droits voisins, de perception, de répartition et de copie privée ne doivent pas rester limitées au cercle des professionnels du secteur. Elles concernent directement des artistes et des professionnels dont les revenus dépendent de la reconnaissance et de la protection de leurs droits.
« Je ne suis pas candidat contre quelqu’un »
À l’approche du scrutin du 15 octobre, Aladji Touré assure vouloir mener une campagne axée sur les idées et non sur les affrontements entre artistes.
« Je ne suis pas candidat contre quelqu’un. Je suis candidat pour la SCDV », a-t-il déclaré, appelant à un débat fondé sur les faits, les propositions et l’avenir de la société.
Il dit également tendre la main aux membres qui soutiennent d’autres candidats, estimant qu’au lendemain de l’élection, tous resteront réunis autour des mêmes métiers et des mêmes droits à défendre.
Le prochain Conseil d’administration, quel que soit le résultat du scrutin, devra selon lui servir l’ensemble des titulaires de droits.
À travers cette candidature, Aladji Touré entend ainsi proposer une nouvelle dynamique autour de la gouvernance, de la perception et de la répartition des droits, tout en faisant de la copie privée un chantier majeur pour l’avenir de la gestion collective des droits voisins au Cameroun.


