Le 31 octobre prochain, l’Association pour le développement de l’arrondissement de Ntui (ASSODEVANT) donnera le coup d’envoi de ses activités avec une marche sportive, une assemblée générale, une levée de fonds et surtout la pose de la première pierre de son futur siège. À sa tête, le conseiller municipal Toube Anaba défend une approche fondée sur l’investissement communautaire, la transparence et l’action.
A Ntui, ville capitale du département du Mbam-et-Kim dans la région du Centre, l’ASSODEVANT prépare sa première grande sortie. Le rendez-vous est fixé au 31 octobre 2026. Dès 7 heures, une marche sportive ouvrira la journée. À 10 heures, les membres et sympathisants se retrouveront pour l’assemblée générale. Une levée de fonds suivra avant la pose de la première pierre du futur siège de l’association.
Pour son président, Toube Anaba, ce chantier constitue bien plus qu’une cérémonie inaugurale. Il doit servir de premier acte concret d’une organisation qui entend rompre avec les habitudes et inscrire son action dans la durée.
« On agit d’abord », résume-t-il.
Pas une caisse de secours, mais un outil d’investissement local
Dans son échange avec notre confrère Indéniable Infos, Toube Anaba tient d’abord à lever ce qu’il considère comme une première confusion. L’ASSODEVANT ne se présente pas comme une structure destinée à organiser des cotisations ponctuelles pour venir en aide aux familles en difficulté.
« Ce n’est pas une association sociale. Nous ne venons pas pour le social, nous venons pour développer », insiste-t-il.
L’ambition affichée est plutôt de mobiliser les ressources humaines et financières des fils et filles de Ntui autour de projets susceptibles de produire des résultats visibles : salles de classe, forages, routes et autres infrastructures utiles aux populations.
Le président veut ainsi déplacer le regard porté sur la contribution communautaire. Pour lui, donner ne devrait pas simplement répondre à une urgence. Chaque contribution doit pouvoir être reliée à une réalisation identifiable.
« Si tu donnes 1 000 F, tu dois voir ce que tes 1 000 F ont produit en termes de plus-value. Une salle de classe, un forage, une route », explique-t-il.
Un déclic venu d’une école en difficulté
Cette philosophie n’est pas née d’un discours théorique. Toube Anaba situe le point de départ de l’initiative dans un reportage consacré au CES de Koussé, réalisé par Yves Mbeké, Directeur de Publication du journal Le Temp.
Le reportage mettait en lumière les difficultés rencontrées par des élèves confrontés au manque de salles de classe. Une situation qui avait contraint certains enfants à se déplacer vers Ntui pour poursuivre leur scolarité.
Le signal d’alerte produit alors son effet. « Il a lancé un SOS et nous avons répondu présents », raconte le président.
Cette première expérience aurait convaincu les initiateurs de la nécessité d’aller plus loin, en donnant un cadre permanent à la mobilisation autour des besoins de l’arrondissement.
Rassembler au-delà des appartenances
Autre particularité revendiquée : l’ASSODEVANT veut dépasser les regroupements communautaires classiques et les logiques de foyers.
« Nous, nous englobons tout. Tous les frères, quiconque a un amour pour agir », affirme Toube Anaba.
L’ouverture revendiquée concerne aussi bien les autochtones que les allogènes et les étrangers attachés à Ntui. Dans son esprit, le développement local ne peut être construit que dans un environnement où chacun se sent concerné et en sécurité.
« Nous sommes une terre d’accueil, nos frères doivent se sentir en sécurité ici », soutient-il.
Cette volonté d’inclusion s’accompagne d’un autre principe présenté comme non négociable : la transparence.
« Nos gendarmes, ce sont les élites »
Pour Toube Anaba, les ressources mobilisées devront être traçables et les réalisations vérifiables. Il invite d’ailleurs les élites de l’arrondissement, grandes comme moyennes, à exercer un regard permanent sur la gestion.
« Nous invitons les élites, grandes et moyennes, à être nos gendarmes »,

lance-t-il.
Une manière de placer la gestion collective sous le contrôle de ceux qui contribuent, mais aussi de ceux qui bénéficient des projets réalisés.
À cette exigence de transparence s’ajoute une autre ligne rouge : la politique partisane. Alors même que le président de l’ASSODEVANT est par ailleurs conseiller municipal et responsable politique local, il affirme vouloir préserver l’organisation de toute instrumentalisation.
« Le caractère politique est purement exclu », martèle-t-il.
Une histoire personnelle derrière le projet
Derrière cette ambition collective, Toube Anaba met également en avant son propre parcours. Il revendique une enfance difficile et une ascension construite à force de travail.
« Je suis un produit du bas, je me réclame produit du bas pour aller vers le haut », confie-t-il.
Son message s’adresse particulièrement à la jeunesse. Il veut lui transmettre la conviction que les trajectoires peuvent changer et que l’origine sociale ne doit pas constituer une fatalité.
Cette détermination explique aussi son insistance sur la mobilisation des ressources humaines. Pour lui, la première richesse de Ntui ne se trouve pas uniquement dans les contributions financières, mais dans les compétences de ses fils et filles : enseignants, ingénieurs, cadres dirigeants et entrepreneurs.
Le 31 octobre comme premier rendez-vous avec les actes
Après les déclarations d’intention, l’ASSODEVANT veut désormais se confronter au terrain. La construction de son siège constitue le premier symbole de cette volonté.

Le 31 octobre 2026, Ntui assistera donc à la première grande mobilisation de la nouvelle structure : marche sportive à 7 heures, assemblée générale à 10 heures, levée de fonds, puis pose de la première pierre.
Pour Toube Anaba, le rendez-vous sera surtout l’occasion de démontrer que le slogan de l’association n’est pas une formule de communication.
À Ntui, l’ASSODEVANT veut désormais être jugée sur ce qu’elle réalise.
Martin Donald NGANE



