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Cameroun-27e Journée Internationale de la femme rurale : Marie Thérèse Abena Ondoa appelle les femmes rurales à booster la production locale

La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a passé un message chargé d’espoirs et des enjeux qui interpellent la femme rurale dans un monde en pleine mutation. C’était le 06 octobre  dernier à Yaoundé lors de la traditionnelle déclaration en prélude à la célébration prochaine de la 27e édition de la journée internationale de la femme rurale dont le thème est : « « Développons la production locale avec la femme vivant en milieu rurale pour notre sécurité alimentaire ». Lire l’intégralité de la déclaration de ce jour ci-dessous.

« Le 15 octobre de chaque année, le Cameroun, de concert avec la Communauté Internationale, commémore la Journée Mondiale de la Femme Rurale. Lancée pour la première fois en 1995 par plusieurs Organisations Non Gouvernementales (ONG) Internationales à Beijing lors de la 4ème Conférence Internationale de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) sur les femmes, cette journée interpelle les Gouvernements, les Partenaires Techniques et Financiers, les Organisations de la Société Civile et les médias quant au renforcement des actions en faveur de l’amélioration de la situation de la femme vivant en milieu rural dans tous les domaines.
Alignée aux orientations internationales y afférentes, la Journée Mondiale de la Femme Rurale est pour le Cameroun l’occasion de se pencher sur les priorités des femmes vivant en milieu rural, notamment les problèmes auxquels elles font face, d’évaluer les mesures et actions mises en œuvre en vue d’identifier de nouvelles stratégies visant l’élimination des disparités et des discriminations basées sur le genre à leur égard, afin de parvenir à une société dans laquelle règnent la justice sociale et la paix pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.

En effet, les femmes vivant en milieu rural sont effectivement confrontées à de nombreux obstacles qui entravent leur autonomisation, notamment : la pauvreté, les violences, les pratiques culturelles néfastes, les changements climatiques, la pénibilité du travail due au caractère rudimentaire du matériel et des techniques agricoles utilisés, l’enclavement des zones de production, l’accès limité aux services sociaux de base, à la terre, au crédit, aux intrants et autres facteurs de production, le terrorisme et des conflits de toutes sortes. Pourtant, il est reconnues qu’au Cameroun, elles représentent 71,6% de la main d’œuvre agricole formelle et informelle (EESI 2), et produisent plus de 85%des produits vivriers consommés (ECAM 4). Dans les zones rurales, les femmes qui travaillent consacrent plus de 16,8 heures par semaine au travail domestique non rémunéré, contre seulement 8,3 heures pour les hommes et se comptent par milliers dans l’économie informelle.

C’est dans cette dynamique que la 27ème édition de la Journée Mondiale de la Femme Rurale au Cameroun est placée sous le thème : « Développons la production locale avec la femme vivant en milieu rural pour notre sécurité alimentaire ». Ce thème est en cohérence avec les priorités nationales de développement contenues dans la Vision 2035, en alignement avec la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) et les Objectifs de Développement Durable (ODD). Il s’agit notamment de l’ODD2 qui vise à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ; l’ODD5 qui ambitionne de parvenir à l’égalité des sexes et d’autonomiser toutes les femmes et les filles ; l’ODD8 qui porte sur la promotion d’une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous et ; l’ODD12 qui cible les modes de consommation et de production durables. Cette édition s’aligne également avec l’axe stratégique N°3 de la Politique Nationale Genre sur la « promotion de l’égalité des chances et d’opportunités entre les femmes et les hommes dans les domaines économiques et de l’emploi ».

Dans cette mouvance, l’action du Gouvernement avec l’appui des Partenaires au développement vise à accroître la production locale indispensable à une croissance inclusive et durable, par une meilleure prise en compte de la contribution de la femme vivant en milieu rural. Y faisant suite, de nombreuses initiatives sont mises en œuvre pour améliorer l’offre locale des biens et produits vivriers ; développer les capacités de conditionnement et de distribution des denrées alimentaires ; mettre à disposition des intrants agricoles, des semences à haut rendement et faciliter l’accès aux équipements agricoles. Ces initiatives vont également dans le sens de l’amélioration de leur inclusion financière et de l’information du grand public sur les programmes et projets gouvernementaux disponibles ; de l’amélioration de la disponibilité et de la qualité des offres de formation en entrepreneuriat, gestion des coopératives et développement personnel, du partage des expériences porteuses de valeur ajoutée sur le plan économique et de consolidation de la paix, y compris de résilience aux crises et aux changements climatiques.

Plus besoin de le rappeler, les femmes vivant en milieu rural sont des agents économiques dont la contribution au développement durable est fort élogieuse. De par leur rôle social, elles encadrent leurs enfants en contribuant au paiement des frais de scolarité et des soins de santé. Sans être exhaustive, elles participent au maintien de la paix au sein des familles et dans la communauté. Par leur présence, les femmes vivant en milieu rural contribuent de manière significative à la stabilisation de la vie en campagne et réduisent l’ampleur de l’exode rural.

En reconnaissance de ces multiples rôles sociaux, le Chef de l’Etat dans son discours à l’occasion du Comice Agricole de Maroua en janvier 1988 disait : « les femmes camerounaises occupent une place capitale dans l’économie du pays parce qu’elles contribuent plus que jamais à l’accroissement de nos productions vivrières et à l’exploitation de nos produits de base ». Il renchérit dans son discours d’ouverture du Comice Agro-pastoral d’Ebolowa, le 17 janvier 2011 quand il déclare : « Je tiens à rendre un hommage mérité à nos paysans, en particulier aux femmes rurales qui ne ménagent aucun effort, à tous les maillons de la chaîne de production agro-pastorale, et grâce auxquelles nous pouvons manger à notre faim ».

Cette contribution des femmes vivant en milieu rural dans le maintien de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est une preuve indéniable et un appel incontesté des pouvoirs publics pour une mutualisation des forces dans le renforcement des actions en faveur de cette cible, en vue d’améliorer davantage sa situation socioculturelle, économique et politique, notamment dans ce contexte de crises multiples (sécuritaire et sanitaire) et, des effets du changement climatique qui affectent les économies des pays à l’instar du Cameroun. Il est donc question de renforcer l’accompagnement des femmes vivant en milieu rural à travers des stratégies d’amélioration de leur organisation, notamment à travers la mise en place et la multiplication des sociétés coopératives de production et de transformation des produits locaux, une réorganisation des chaines d’approvisionnement agropastorales, d’accroissement de leur accès et contrôle aux ressources et moyens de production dont les intrants, les technologies appropriées, le crédit et la terre. En ce qui concerne précisément l’accès des femmes à la terre et au crédit, seulement 1,6% de femmes sont propriétaires d’un titre foncier (INS 2017) et 16,8% peuvent bénéficier d’un crédit (RNDH 2019)

Au regard de cette situation, il est clair que le renforcement de la production locale qui constitue un levier majeur d’accroissement des revenus des femmes vivant en milieu rural et de développement durable des économies des pays s’avère incontournable. Il s’agit donc de soutenir certaines initiatives déjà perceptibles de femmes dans le processus de transformation des céréales et des tubercules en farine panifiée, nécessaires dans la fabrication du pain et d’autres dérivés et parvenir ainsi à la réduction de l’importation de la farine de blé. L’autre appui consiste en la modernisation de leurs outils de travail afin d’augmenter de manière significative leurs capacités de production et la qualité des produits et matières premières, en vue de créer des emplois décents.

La commémoration de la Journée Mondiale de la Femme Rurale appelle donc la conscience individuelle et nationale sur la nécessité de renforcer la résilience des femmes vivant en milieu rural. Il s’agit également de questionner les stratégies existantes pour mieux orienter les initiatives et leur impact sur les cibles, dans le respect des mesures d’urgence prescrites par le Chef de l’Etat et, des mesures de mitigation des effets du changement climatique qui continuent de mettre en mal la chaîne d’approvisionnement des denrées alimentaires et la disponibilité de produits locaux sur les marchés.

En réponse à ces difficultés qui occultent quelque peu les efforts du Gouvernement en direction de cette cible particulièrement vulnérable, il faut reconnaître que de nombreuses actions sont entreprises pour promouvoir l’autonomisation de la femme et de la jeune fille vivant en milieu rural dans tous les secteurs de la vie.

On peut citer entre autres :
la vulgarisation des ODD 2, 5, 8 et 12 ;
la sensibilisation et l’accompagnement des femmes vivant en milieu rural au regroupement en coopératives ;
la diffusion des informations concernant les programmes et projets mis en œuvre dans le secteur rural ;
le renforcement des capacités des femmes vivant en milieu rural : aux techniques culturales et autres bonnes pratiques adaptées aux changements climatiques, aux techniques modernes de transformation, de conservation, de conditionnement et de commercialisation des produits agropastoraux et halieutiques en éducation financière/négociation de partenariat, en matière de nutrition et de leadership;
la mobilisation des communautés pour la lutte contre les pratiques culturelles néfastes à l’égard des femmes et filles en général ;
le renforcement de la communication auprès des leaders traditionnels pour le changement social et comportemental sur les droits spécifiques de la femme et les pratiques discriminatoires notamment en matière d’accès à la terre et au financement ;
la facilitation du développement des mécanismes non-financiers et financiers adaptés au milieu rural.
la valorisation des savoir-faire locaux des femmes vivant en milieu rural ;
le renforcement de leur sensibilisation sur la culture de la paix.

Je saisis cette occasion pour réitérer les remerciements du Gouvernement à l’endroit de tous les Partenaires (OSC, Médias, PTF) en particulier, les Partenaires au développement et ceux de la société civile, pour leurs appuis multiformes et leur soutien divers en faveur des reines de la terre que nous célébrons à l’occasion de la Journée du 15 octobre.

Aux dynamiques femmes 0 vivant en milieu rural,

Je voudrais dire que la réflexion retenue à l’occasion de la présente édition à savoir : « Développons la production locale avec la femme vivant en milieu rural pour notre sécurité alimentaire» appelle également à la mutualisation de vos ressources à travers des partenaires et des regroupements pour mieux défendre vos droits fondamentaux, y compris l’accès à la terre, aux formations diverses, à l’information, aux sources de financement et aux intrants, dans la perspective d’une autonomisation socio-économique résiliente aux différents défis des crises sanitaire, humanitaire et sociopolitique et, des changements climatiques. Une femme vivant en zone rurale aux capacités renforcées est un agent de changement redoutable. En effet, éduquée, formée et informée, elle est mieux outillée pour exploiter ses terres ; protéger son environnement ; tirer le meilleur profit des technologies modernes ; se donner les moyens de résistance aux crises de toute nature ; et être l’actrice principale de son bien-être et de celui de sa famille.

Je vous exhorte par conséquent à saisir les opportunités qui s’offrent pour participer aux différentes sessions de renforcement des capacités organisées à l’occasion de la présente édition.

C’est sur cette note d’exhortation que je déclare officiellement lancées, sur l’ensemble du territoire national, les activités marquant la célébration de la 27ème édition de la Journée Mondiale de la Femme Rurale au Cameroun.
Je vous remercie. »

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