9.4 C
Londres
jeudi, janvier 22, 2026
AccueilEconomieCameroun-Respect des droits de l’homme dans les entreprises : un enjeu partagé...

Cameroun-Respect des droits de l’homme dans les entreprises : un enjeu partagé entre l’État, les entreprises et le CNUDHD-AC

Date:

Related stories

spot_imgspot_img

La question du respect des droits de l’homme dans les industries en général est plus que jamais au cœur des préoccupations nationales et internationales. Au Cameroun, cette thématique, longtemps reléguée à l’arrière-plan, est désormais perçue comme un enjeu stratégique de développement durable, impliquant à la fois l’État, les entreprises, la société civile et le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC).

Dès 2018, le pays s’était doté d’un plan d’action spécifique sur les droits de l’homme dans le secteur extractif, bien avant même l’adoption du Plan d’action national de promotion et de protection des droits de l’homme en 2019. Ce document de référence, en cours d’actualisation, intègre les problématiques nouvelles liées aux interactions entre entreprises et droits humains, dans un contexte de mondialisation accélérée.

En juin 2023, un dialogue sous-régional a été organisé à Yaoundé par le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, confirmant l’importance croissante du sujet au niveau régional. Le Cameroun y a réaffirmé son engagement, au même titre que lors de sa participation à la 17e session du Conseil des droits de l’homme, qui a entériné les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Ces principes reposent sur trois piliers : l’obligation des États de protéger, la responsabilité des entreprises de respecter, et le droit des victimes à un recours effectif.

Lors de l’atelier de sensibilisation du 29 avril 2025 à Dajoll Hôtel (Mbankom-Cameroun) sur ce thème, Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice, a livré une déclaration forte. Rappelant l’importance d’une approche transversale, il a affirmé que « le respect des droits de l’homme n’est pas uniquement une affaire de gouvernement ou du ministère de la Justice, c’est une affaire commune, une préoccupation partagée par tous, à commencer par les entreprises elles-mêmes ».

Prenant l’exemple du secteur minier, il a évoqué la souffrance des travailleurs, souvent oubliés dans la course au profit :

« Ceux qui ont lu Germinal savent que les conditions dans les mines peuvent être inhumaines. Si le gouvernement n’impose pas des règles claires et contraignantes, les entreprises à la recherche du lucre risquent de négliger les droits fondamentaux. »

Il a appelé les entreprises à faire preuve de diligence raisonnable et à intégrer les droits humains dans leurs pratiques quotidiennes. « Nous sommes les vigiles des droits humains. Il faut rappeler les chefs d’entreprise à leurs responsabilités et, si nécessaire, engager des sanctions contre les contrevenants. »

La présence du GICAM à cet atelier a été saluée comme un signal fort. L’organisation patronale est invitée à jouer un rôle de relais auprès de ses membres afin de faire infuser cette culture du respect des droits humains dans tout le tissu économique. Saluant l’initiative, S.M Mvondo constate à l’issue de cet atelier qu’ « il y a tout un ensemble de mesures, tout un corpus des statuts réglementaires et institutionnel qui existent pour protéger les droits de l’homme par rapport aux activités des entreprises. Mais ces dispositions ne sont pas connue du grand public pire des communautés qui l’ignorent totalement et dès les premières échanges, nous nous rendons compte qu’en réalité qu’il faut avoir un dispositif de communication qui permet d’informer et un dispositif d’accompagnement en terme de formation, coaching et de suivi sur le terrain. »

S.M Mvondo, participant de l’atelier

Le Cameroun semble décidé à faire des droits de l’homme une boussole dans son développement, en particulier dans les secteurs stratégiques comme les industries extractives. L’avenir dira si cette volonté politique se traduira en actions concrètes et durables.

 

Martin Donald Ngane

Subscribe

- Never miss a story with notifications

- Gain full access to our premium content

- Browse free from up to 5 devices at once

Latest stories

spot_img