Placée sous le thème « Faire progresser la justice sociale et économique pour les femmes africaines à travers les réparations », la 63e édition de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA) a été célébrée avec éclat dans la ville de Kekem, région de l’Ouest Cameroun.
Cette édition a été marquée par plusieurs temps forts : la célébration d’une vingtaine de mariages, l’inauguration d’un Centre de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) flambant neuf, et un moment riche en échanges culturels, de convivialité et de réflexion.
Une célébration sous le signe des réparations et de la justice sociale
La présence de la Professeure Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, ainsi que de Mme Racky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun, a donné un éclat particulier à cet événement. Leur message était clair : il est temps que des actions concrètes soient menées pour réparer les inégalités historiques subies par les femmes africaines et créer des bases solides pour leur pleine participation au développement économique et social.
« L’autonomisation des femmes et des filles africaines nécessite une approche globale fondée sur les droits humains, l’affirmation culturelle et l’élaboration de politiques inclusives. Ces réparations sont indispensables pour corriger les déséquilibres structurels du passé », a déclaré la Ministre.
Le CPFF de Kekem : un levier pour l’autonomisation
À l’occasion de cette journée, un nouveau Centre de Promotion de la Femme et de la Famille a été inauguré, fruit d’une coopération entre le gouvernement du Cameroun, le Japon et ONU Femmes. Ce centre multifonctionnel est destiné à offrir une seconde chance aux jeunes filles déscolarisées ou marginalisées.
Il proposera des formations qualifiantes dans plusieurs filières : TIC, hôtellerie-restauration, esthétique, coiffure, entre autres. Ces opportunités s’inscrivent dans une démarche de justice économique visant à réparer les écarts d’accès à l’emploi et à l’autonomie financière entre les genres.
« Ce projet permet de soutenir la résilience des femmes en temps de crise et d’ouvrir des perspectives nouvelles aux jeunes filles. Nous avons veillé à ce que le centre respecte les meilleurs standards », a souligné Racky Chaupin, représentant ONU Femmes.
Réparations, éducation et entreprenariat : une réponse aux défis structurels
Au-delà de la symbolique, les actions menées à Kekem incarnent l’esprit même des réparations prônées par le thème de cette année. Il s’agit d’initiatives tangibles destinées à corriger des injustices passées et actuelles, notamment en matière d’accès à l’éducation, aux ressources économiques et à la participation citoyenne.
« L’objectif est de former une jeunesse responsable, créatrice de richesse, capable de sortir de la précarité et de contribuer activement à la société. L’éducation et la formation professionnelle sont des piliers de justice sociale », a rappelé Prof. Abena Ondoa.
Une journée, un engagement panafricain
Célébrée chaque 31 juillet, la Journée Internationale de la Femme Africaine offre aux pays du continent une occasion de faire le point sur les politiques l’autonomisation des femmes, d’évaluer les avancées, et surtout de renforcer les stratégies d’inclusion économique, sociale et politique des femmes.
À Kekem comme ailleurs, cette 63e édition a mis en lumière une vérité incontournable : les réparations ne sont pas uniquement matérielles ou symboliques, elles doivent être structurelles, systémiques et durables. Pour bâtir un avenir équitable, l’Afrique doit investir dans ses femmes.


