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Pluralité des prêtres étrangers en France : le clergé français serait-il en perte de vitesse ?

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Près d’un tiers des prêtres en France viennent aujourd’hui de l’étranger. La plupart sont Africains. Une évolution qui dit beaucoup de l’état de l’Église catholique française : vieillissante, en manque de vocations, mais aussi traversée par de nouvelles dynamiques.

Ils arrivent du Cameroun, du Bénin, du Congo ou encore du Burkina Faso. On les retrouve dans les paroisses rurales comme dans les grandes villes. En 2023, environ 30 % des 6 700 prêtres en activité en France étaient étrangers. Une proportion inédite, révélatrice d’un clergé français en crise.

Une mission venue de Rome

Ces prêtres venus d’Afrique ne s’installent pas seuls. Ils sont envoyés en mission dans le cadre de l’encyclique Fidei donum, publiée en 1957 par le pape Pie XII. Leur contrat est clair : trois ans renouvelables, une rémunération identique à celle de leurs collègues français, environ 1 200 euros nets par mois.

Un revenu modeste pour la France, mais souvent élevé par rapport à celui de leurs pays d’origine. Une situation qui leur vaut parfois des soupçons : « On nous accuse de venir pour l’argent, c’est injuste », raconte un prêtre congolais installé dans l’Est de la France.

Choc culturel et isolement

L’arrivée en France est souvent un bouleversement. La pratique religieuse est faible, les églises clairsemées, la convivialité rare. Beaucoup se sentent seuls dans des presbytères trop grands. Certains affrontent aussi le racisme.

Pour les aider, l’Église a mis en place depuis 2006 des sessions de formation baptisées Welcome. On y parle laïcité, relations avec les fidèles, gestion de l’argent. Une façon d’anticiper les malentendus.

De l’élan dans les paroisses

Car ces prêtres venus d’Afrique apportent aussi un souffle nouveau. Plus jeunes, souvent plus dynamiques, ils organisent des chemins de croix, introduisent des chants vivants, montent des animations pour les enfants. « Ce serait une erreur de les voir comme une simple main-d’œuvre », alerte le père Élie Delplace, ancien missionnaire. « Ils veulent être de vrais acteurs de la mission. »

Une Église française en perte de vitesse

Leur présence compense surtout une chute vertigineuse. En 1960, la France comptait 65 000 prêtres. En 2000, ils étaient encore 25 000. En 2023, à peine 12 000, dont seulement 6 700 en activité. Même effondrement chez les religieux et religieuses : de 49 800 en 2000 à 17 300 en 2023.

Autrefois, devenir prêtre représentait une ascension sociale pour les jeunes issus de milieux modestes. Aujourd’hui, les rares vocations viennent souvent de familles bourgeoises ou aristocratiques.

Un visage qui change

Sans les prêtres africains, nombre de paroisses françaises auraient déjà fermé. Leur présence change le visage du catholicisme français, entre résistances et renouveau. Une chose est sûre : l’Église de demain parlera encore français… mais souvent avec un accent venu d’Afrique.

 

 

Avec RT en Français

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