À quelques jours de la rentrée scolaire 2025-2026, le Réseau Inclu(Réseau des journalistes médecins et experts pour la prévention du handicap et la promotion de l’inclusion sociale)et
ASEIMC (Association de soutien aux enfants infirmes moteurs cérébraux)ont lancé à Yaoundé et Bafoussam une campagne de sensibilisation pour encourager la scolarisation des enfants handicapés le 24 août dernier. Dans un pays où près de 90 % d’entre eux restent encore hors du système éducatif, cette initiative se veut un pas de plus vers une école ouverte à tous.
Une campagne pour briser les barrières
Depuis ce lundi, des rencontres se tiennent simultanément à Yaoundé et à Bafoussam. Elles visent à convaincre les familles, parfois hésitantes, à scolariser leurs enfants vivant avec un handicap. Pour les organisateurs, l’éducation inclusive est une question de droits humains et d’égalité des chances : « chaque enfant mérite d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir, quelles que soient ses capacités », rappellent-ils.
Des témoignages poignants de parents
Certains parents, longtemps marqués par la peur ou le découragement, choisissent désormais d’envoyer leurs enfants à l’école.
« Je n’avais pas eu le courage d’envoyer mon enfant à l’école parce qu’il est totalement dépendant. Après la sensibilisation, j’ai trouvé juste de l’y inscrire pour qu’il puisse découvrir un nouvel environnement et rencontrer d’autres enfants », confie une mère.
D’autres expriment les difficultés rencontrées :
« Nous avons inscrit notre enfant dans une école inclusive depuis 7 ans, mais nous n’avons pas de suivi réel. Il quitte la maison à 6 heures et ne revient qu’à 17 heures. Nous espérons qu’une école ordinaire pourra lui offrir un meilleur encadrement », explique la maman d’un enfant IMC.
Pour certains, la déception est profonde :
« Ma fille a commencé sa maladie à 9 mois. Nous l’avons inscrite dans une école spécialisée mais l’enseignante a refusé de bien s’occuper d’elle à cause de sa condition. Mon souhait est que le gouvernement nous soutienne davantage dans la scolarisation de nos enfants », plaide une autre mère.
Un défi national encore immense
Si les initiatives citoyennes se multiplient, le défi reste colossal. Selon les chiffres récents, 90 % des enfants handicapés au Cameroun n’ont toujours pas accès à l’école. Pourtant, le pays s’est doté d’une politique nationale d’éducation inclusive pour la période 2024-2028, qui prévoit :
La construction de 1 289 établissements scolaires adaptés ;
La formation de 8 075 enseignants spécialisés ;
L’accompagnement de 22 248 élèves handicapés ;
Et l’objectif qu’au moins 25 % des personnes en situation de handicap bénéficient d’une éducation de qualité d’ici 2028.
Le nombre d’écoles dites « inclusives » est déjà passé de 5 en 2012 à 720 en 2023, grâce à l’appui d’organisations comme Sightsavers.
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Des Chiffres clés de l’éducation inclusive au Cameroun
Selon un rapport rendu public par l’Institut National de Statistiques (INS)90 % des enfants handicapés hors du système scolaire.
23 % des enfants de 2 à 9 ans vivent avec un handicap.
1 289 structures scolaires adaptées à construire d’ici


