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Manque de spécialistes, insuffisance du matériel : les défis de l’anesthésie-réanimation au cœur du congrès de Yaoundé

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Le congrès de la Société d’Anesthésie-Réanimation et de Médecine d’Urgence d’Afrique Centrale (SARMAC) se tient depuis le 21 mai 2026 à l’hôtel Félicia de Yaoundé et s’achève le 24 mai prochain. Cette rencontre scientifique réunit des professionnels venus du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la Guinée équatoriale, du Tchad et de la République centrafricaine autour des difficultés concrètes auxquelles font face les services d’anesthésie-réanimation et de médecine d’urgence dans la sous-région.

Placée sous le thème « La pratique de l’anesthésie-réanimation en Afrique Centrale : enjeux et perspectives », la rencontre met en lumière plusieurs problèmes majeurs : le déficit de médecins spécialisés, le manque de matériel, les difficultés d’approvisionnement en médicaments et l’insuffisance de formation dans les services d’urgence.
Pour Jacqueline Minkande, l’un des principaux objectifs du congrès est d’harmoniser les méthodes de prise en charge des patients dans les différents pays de la sous-région. Elle souligne que les spécialistes ont besoin d’un espace de travail commun pour partager leurs expériences et revoir certains protocoles médicaux.
« Nous devons développer des méthodes et des protocoles qui permettent d’améliorer la qualité des soins », a-t-elle expliqué, rappelant que l’anesthésie-réanimation intervient avant, pendant et après une opération chirurgicale.

Au-delà des échanges scientifiques, les professionnels plaident également pour le renforcement de la formation. Selon les participants, plusieurs pays d’Afrique Centrale ne disposent pas encore d’un nombre suffisant d’anesthésistes-réanimateurs pour répondre aux besoins des populations.
Les difficultés sont encore plus visibles dans les services d’urgence. Obame Ervais Richard a révélé qu’au Gabon, la formation des médecins urgentistes n’a véritablement commencé qu’il y a trois ans.
« Les services d’urgence sont conduits par des médecins généralistes qui ne sont pas tous outillés dans la prise en charge de la médecine d’urgence », a-t-il déclaré, qualifiant cette situation de véritable handicap pour les structures hospitalières.
Le spécialiste gabonais évoque également le manque de matériel médical dans plusieurs hôpitaux ainsi que les difficultés liées à l’approvisionnement en médicaments. Même si le Gabon bénéficie parfois de dotations permettant d’assurer le fonctionnement des services, les besoins restent importants.
Pour tenter d’améliorer la prise en charge des patients, le Gabon prévoit l’ouverture d’un master destiné à former des infirmiers spécialisés en urgence et réanimation. Ces personnels viendront renforcer les équipes hospitalières confrontées à une forte pression dans les services de soins intensifs et d’urgence.
Les travaux du congrès portent également sur des situations médicales particulièrement sensibles comme les urgences traumatologiques, l’anesthésie-réanimation cardiovasculaire et la prise en charge des femmes enceintes souffrant de complications graves.
Un participant a notamment insisté sur les difficultés rencontrées dans le traitement des cas de pré-éclampsie et d’éclampsie chez les femmes enceintes. Selon lui, l’anesthésiste-réanimateur occupe une place essentielle dans la survie des patientes.
« Il est important de revoir comment traiter ces patientes, nos protocoles et nos stratégies de prise en charge », a-t-il affirmé.
À travers ce congrès, les spécialistes espèrent aboutir à des recommandations concrètes capables d’améliorer les conditions de travail des personnels soignants et la qualité des soins dans les hôpitaux d’Afrique Centrale.

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