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Cameroun – 16 jours d’activisme : la violence numérique, nouvelle arme contre les femmes

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Le Cameroun a lancé la 19ᵉ édition des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, avec un thème qui met en lumière la montée préoccupante de la violence numérique faite aux femmes et aux filles. Dans un contexte où l’usage des réseaux sociaux explose, cette forme de violence devient l’une des plus répandues et des plus destructrices, freinant le leadership féminin et la participation des femmes à la vie publique.

Féminicides : une réalité qui s’aggrave

Les chiffres rappellent l’urgence :

  • 69 féminicides en 2024, contre 56 en 2023 (BUCREP)
  • Au moins 67 femmes assassinées selon une récente compilation du MINPROFF
  • 39 % des Camerounaises déclarent avoir subi une forme de violence

Un contexte qui crée un terrain propice à l’expansion des violences numériques.

Violence numérique : un espace de plus en plus dangereux

Les femmes camerounaises, particulièrement les journalistes, activistes, entrepreneures ou influenceuses, sont maintenant la cible d’une diversité d’attaques en ligne :

  • Cyberharcèlement massif
  • Détournement d’images et diffusion non consentie de contenus privés
  • Doxxing (divulgation d’informations personnelles)
  • Manipulation d’images, deepfakes visant à nuire à la réputation
  • Menaces de viol ou de meurtre circulant via messageries et réseaux sociaux

Ces violences ont des impacts lourds : autocensure, retrait du débat public, perte d’opportunités professionnelles, détresse psychologique et isolement.

Un leadership féminin sécurisé : les recommandations clés

Les autorités, expertes et organisations féministes encouragent les femmes à :

  • Sécuriser leurs comptes (mots de passe complexes, double authentification).
  • Maîtriser leurs données personnelles en limitant les informations sensibles en ligne.
  • Conserver les preuves d’agressions numériques et signaler systématiquement.
  • Se former aux risques numériques : phishing, manipulation, deepfakes.

Pour un cadre plus protecteur

Les organisations appellent à :

  • Une criminalisation explicite du féminicide et de la violence numérique ;
  • Un accompagnement juridique et psychologique renforcé pour les victimes ;
  • Une meilleure collecte de données, notamment sur les agressions digitales.

La ministre appelle à une mobilisation collective

Dans son allocution, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Prof. Marie Thérèse Abena Ondoa, a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée :

« Malgré les efforts, la violence numérique envers les femmes et les filles persiste. Il est temps d’agir ensemble pour mettre fin aux violences en ligne à travers le renforcement des campagnes de sensibilisation ; le plaidoyer pour des réformes législatives afin de renforcer les sanctions contre les auteurs de violences numériques ; l’appropriation des textes de lois existants et le renforcement de leur application.
Aucune femme, aucune fille, ne doit craindre d’exister, de s’exprimer, en public, en privé, ou en ligne.
Je vous invite à vous joindre à nous pour faire de l’espace numérique un lieu sûr et respectueux. Il est de notre responsabilité collective de construire un environnement sain, source d’émancipation et de progrès, et non de violence et de destruction. Évoluons dans un monde où la technologie est une force au service de l’égalité entre les hommes et les femmes. »

Cette 19ᵉ édition rappelle que protéger les femmes en ligne n’est plus une option, mais une priorité pour bâtir un espace numérique plus sûr, inclusif et égalitaire.

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