Le rideau s’est levé ce lundi 1er juin 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé sur la 5e édition du Pro Meet Up Logistics (PML5). Inaugurée par le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibéhè, cette grand-messe de la logistique sous-régionale s’attaque à un défi titanesque : transformer les corridors intégrateurs en véritables moteurs de développement et d’industrialisation pour l’Afrique centrale.
Au cœur des débats, une intervention a particulièrement marqué les esprits : celle d’El Hadj Oumarou Dandjouma. Le Coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) et leader du Syndicat national des transporteurs routiers (SNTR) a profité de cette tribune pour lancer un appel vibrant à la digitalisation intégrale des chaînes logistiques.
Un constat lucide : la nécessité de passer à la vitesse supérieure
Tout en saluant la prise de conscience collective des acteurs face aux freins qui pèsent sur la compétitivité régionale, El Hadj Oumarou Dandjouma a dressé un bilan sans concession. Malgré les réformes successives, les coûts de transport restent prohibitifs et les délais, trop longs.
Pour ce vétéran du secteur, l’évolution du débat est positive, mais elle doit se traduire par des actes concrets :
Le BGFT : De la dématérialisation à la révolution numérique
Rappelant l’impulsion donnée par le Premier ministre et le soutien de la Banque mondiale, le Coordonnateur général a mis en avant le chemin parcouru par sa propre structure. Autrefois perçu comme l’un des maillons les plus complexes à réformer, le BGFT s’impose désormais comme le navire amiral de la modernisation technologique au Cameroun.
« Nous sommes passés de la simple dématérialisation à une digitalisation globale. Il faut désormais limiter les contacts humains, abandonner le support papier et privilégier des systèmes intégrés de gestion et de contrôle », a-t-il martelé.
Pour réussir ce pari, le patron du BGFT prône une interconnexion totale des systèmes. Douanes, impôts, forces de sécurité, autorités portuaires et opérateurs privés doivent impérativement briser les silos pour faire circuler l’information en temps réel.
Zéro excuse : Priorité à la gouvernance et à la volonté politique
Balayant d’un revers de main les arguments logistiques souvent brandis pour justifier l’inertie tels que les pannes de courant ou l’instabilité du réseau internet, El Hadj Oumarou Dandjouma a invité les acteurs à regarder ce qui se fait de mieux ailleurs sur le continent, où des solutions résilientes ont déjà fait leurs preuves.
Pour lui, le véritable nœud du problème n’est pas technique, mais humain :
Le corridor appartient aux transporteurs : Chaque maillon de la chaîne doit assumer ses responsabilités.
La transparence comme boussole : Les plateformes doivent communiquer entre elles sans barrières artificielles.
L’intelligence numérique comme moteur : C’est le seul levier capable de booster la compétitivité de la sous-région.
Cap sur la logistique de demain
En réaffirmant sa détermination à poursuivre la modernisation de la gestion du fret terrestre, El Hadj Oumarou positionne le BGFT non seulement comme un exécutant, mais comme le visionnaire d’une Afrique centrale connectée. Une transition numérique qui n’est plus une option, mais la condition sine qua non pour que la sous-région tienne enfin ses promesses d’industrialisation.
Martin Donald Ngane



