À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI), la ministre, Dr Madeleine Tchuinte, a livré un discours dense, empreint de solennité, de reconnaissance et de projection stratégique. Devant les chercheurs, partenaires nationaux et internationaux, elle a dressé le bilan des actions menées, rendu hommage aux disparus, réaffirmé l’alignement du secteur sur la vision du Chef de l’État et décliné les grandes orientations de la recherche camerounaise pour l’année 2026 et au-delà.
Une cérémonie de vœux placée sous le signe du bilan et de l’anticipation
S’appuyant sur un proverbe africain évoquant le passage du temps, la ministre a rappelé que l’année 2025 appartient désormais à l’histoire, tandis que 2026 ouvre un nouveau cycle d’actions et d’ambitions. Fidèle à une tradition bien ancrée au MINRESI, cette rencontre de début d’année a permis aux acteurs du Système National de Recherche et d’Innovation (SNRI) d’échanger leurs vœux, d’évaluer les actions passées et d’esquisser la feuille de route à venir.
Le Dr Madeleine Tchuinte s’est dite particulièrement satisfaite de la forte mobilisation des chercheurs et des acteurs du SNRI, ainsi que de la présence remarquée des partenaires techniques et financiers, venus partager ce moment de communion institutionnelle.
Hommage appuyé aux figures disparues du monde scientifique
Dans un moment de recueillement, la ministre a rappelé que l’année 2025 a été marquée par des événements douloureux, notamment au sein du SNRI. Elle a cité l’assassinat du Chargé de Recherche MOUNSI Frédéric à Souledé-Roua, le décès du Pr KAMSU KOM Jacques, figure emblématique de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que celui du Pr Jacques Paul ECKEBIL, pionnier de la recherche scientifique camerounaise et ancien Directeur Général de l’IRA devenu IRAD.
À ces pertes s’ajoutent, a-t-elle souligné, les nombreuses victimes des crises sécuritaires, des catastrophes naturelles, des accidents de la route et des troubles post-électoraux. La ministre a adressé, au nom du Gouvernement, des condoléances aux familles endeuillées et formulé des vœux de prompt rétablissement aux blessés, tout en rendant un hommage appuyé aux forces de défense tombées pour la préservation de l’intégrité territoriale.
Réaffirmation du soutien au Président Paul Biya réélu
Intervenant dans un contexte politique marqué par la réélection de Son Excellence Paul Biya pour un nouveau septennat, la ministre a transmis les félicitations solennelles de l’ensemble des acteurs du SNRI au Chef de l’État. Elle a réitéré l’engagement total et indéfectible du secteur de la recherche à accompagner la mise en œuvre de son programme politique, axé sur la Grandeur et l’Espérance, avec un accent particulier sur l’épanouissement des jeunes et des femmes.
Se référant aux discours présidentiels du 6 novembre et du 31 décembre 2025, elle a assuré que les chercheurs camerounais sont d’ores et déjà mobilisés pour apporter une contribution scientifique concrète au développement national.
Des acquis majeurs qui transforment le paysage de la recherche
Le Dr Madeleine Tchuinte a salué les avancées significatives enregistrées ces dernières années, sous la Très Haute Impulsion du Chef de l’État. Parmi les acquis majeurs figurent :
la transformation du MINREST en MINRESI, avec le renforcement de son architecture administrative et la création de 10 Centres Régionaux de Recherche et d’Innovation (CRRI) ;
la restructuration de plusieurs instituts de recherche et la décentralisation accrue des activités scientifiques ;
le recrutement de plus de 1 000 chercheurs, dont près de 48 % de femmes, et l’adoption d’un statut spécial du personnel chercheur ;
l’institutionnalisation de la Rentrée Scientifique, des Journées d’Excellence de la Recherche et des mécanismes de valorisation des chercheurs ;
la création d’Unités de Transfert de Technologies dans les régions, afin de rapprocher la recherche des populations et promouvoir le Made in Cameroon.
Sur le plan infrastructurel, la ministre a mis en avant la construction de nouveaux bâtiments, l’amélioration du plateau technique des instituts, la création d’une mutuelle du personnel, d’une bibliothèque moderne et d’initiatives sociales renforçant la cohésion interne.
Une coopération scientifique internationale en pleine expansion
La coopération scientifique et technique occupe également une place de choix dans le bilan dressé. De la Semaine de la science camerounaise en France à la participation au Sommet Russie-Afrique de 2023, en passant par la signature de nombreuses conventions internationales et l’obtention de bourses, le MINRESI consolide la position du Cameroun comme locomotive scientifique en Afrique centrale, avec plus de 70 % des publications scientifiques de la zone CEMAC.
2026 : créer de l’emploi et passer à la recherche de troisième génération
Regardant vers l’avenir, la ministre a décliné les priorités stratégiques pour 2026, avec un objectif clair : faire de la recherche un puissant levier de création d’emplois et de richesse. Agriculture, matériaux locaux, cartographie, géologie, industrie pharmaceutique, intelligence artificielle, biotechnologie, énergies, économie bleue ou encore sciences de l’ingénieur figurent parmi les domaines appelés à générer des opportunités concrètes pour les jeunes et les femmes.
Elle a, par ailleurs, réaffirmé sa volonté de faire basculer la recherche camerounaise vers une recherche de troisième génération, plus intégrée, plus entrepreneuriale et résolument tournée vers les défis globaux, tels que le changement climatique, la santé globale et la transformation numérique.


