À l’occasion de la Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a réaffirmé la nécessité d’intensifier les actions de prévention des violences de masse, tout en mettant un accent particulier sur la lutte contre les discours de haine et le tribalisme, le 7 avril dernier dans un communiqué.
Placée sous le thème « Se souvenir. S’unir. Se renouveler », cette commémoration vise à mobiliser la communauté internationale autour d’actions concertées pour prévenir le génocide, considéré comme l’une des menaces les plus graves pour l’humanité. Dans sa déclaration, la Commission souligne que la tolérance zéro doit être de mise face à toute tentative de destruction d’un groupe sur des bases ethniques, religieuses ou raciales.
L’éducation et la mémoire comme remparts contre les atrocités
La CDHC salue la convergence des thèmes retenus par les Nations Unies et l’UNESCO, qui mettent en avant le rôle crucial de l’éducation, de la mémoire et du dialogue intergénérationnel. Selon elle, ces leviers sont essentiels pour promouvoir une culture de paix et éviter la répétition des crimes de masse.
Toutefois, l’institution déplore l’insuffisante intégration de l’éducation à la paix dans les programmes scolaires au Cameroun, ainsi que la persistance de stéréotypes et de préjugés en milieu éducatif, susceptibles d’affaiblir la cohésion sociale à long terme.
Des efforts salués mais des défis persistants
La Commission salue les initiatives des pouvoirs publics visant à combattre les discours de haine, notamment à travers le message du chef de l’État lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, appelant à renforcer le vivre-ensemble et à lutter contre le repli identitaire.
Elle met également en avant les actions de la société civile, à l’instar de la campagne « Stop Hate Speech 237 », lancée en février 2026 à Bafoussam, qui sensibilise les jeunes à un usage responsable des réseaux sociaux.
Par ailleurs, la CDHC souligne la portée symbolique de la visite apostolique du pape Léon XIV au Cameroun, prévue du 15 au 18 avril 2026, notamment la rencontre pour la paix annoncée à Bamenda. Cette initiative est perçue comme un signal fort en faveur de la réconciliation et de la cohésion sociale dans les régions en crise.
Des inquiétudes face aux conflits intercommunautaires
Malgré ces avancées, la Commission reste préoccupée par la persistance de tensions intercommunautaires. Elle cite notamment les violences survenues en février 2026 dans le village de Mbat, dans la région du Nord-Ouest, liées aux conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Ces incidents illustrent, selon la CDHC, la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention des conflits, notamment autour de la gestion des terres et de la cohabitation entre communautés.
Un appel à l’engagement de tous
La Commission rappelle que plusieurs recommandations issues de l’Examen périodique universel de 2024 portent sur la préservation de la paix et la lutte contre l’impunité. Elle appelle à leur mise en œuvre effective par les autorités compétentes.
Enfin, elle insiste sur le rôle crucial des familles dans la prévention des discours de haine. Les parents sont invités à inculquer aux enfants, dès le plus jeune âge, les valeurs de tolérance, de respect, de solidarité et d’acceptation de l’autre.
À travers cette commémoration, la CDHC réaffirme que la prévention des génocides passe avant tout par une vigilance collective, une éducation renforcée et un engagement constant en faveur du vivre-ensemble.


