Malgré une baisse notable de la mortalité, le paludisme reste une menace persistante au Cameroun. Face à la pression sur les financements internationaux et à la résurgence de certains indicateurs, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) engage une refonte de sa stratégie pour la période à venir.
Avec une prévalence estimée à 26 %, le paludisme continue de peser sur le système de santé camerounais. En 2025, les formations sanitaires ont enregistré près de 2,9 millions de cas confirmés sur environ 11 millions de consultations.
Si la tendance des cas reste préoccupante, une note d’espoir se dégage : 1 261 décès ont été recensés, soit une baisse de 37 % par rapport à 2024, selon les données présentées par le Secrétaire permanent du PNLP.
Cependant, le Cameroun demeure parmi les 11 pays les plus touchés au monde, preuve que la riposte doit être intensifiée.
un signal d’alerte face au retrait des financements extérieurs
Le PNLP évolue dans un contexte financier tendu. La suspension en janvier 2025 du financement américain, suivie d’une reprise partielle avec de nouvelles conditions, a fortement perturbé les équilibres.
Conséquence directe : une réduction des appuis du Fonds mondial, mettant en évidence la dépendance du pays aux financements extérieurs.
Face à cette situation, les autorités sanitaires entendent renforcer le financement domestique, avec un objectif d’augmentation de 20 % d’ici 2028.
Une stratégie repensée autour de quatre axes clés
Le nouveau plan stratégique, actuellement en révision, s’articule autour de quatre piliers :
Dialogue politique et mobilisation des ressources : élargir l’accès aux services antipaludiques à 80 % de la population, tout en renforçant les partenariats et l’engagement communautaire.
Information stratégique : garantir que 100 % des données sanitaires fiables soient utilisées pour orienter les décisions.
Prévention et prise en charge : atteindre 80 % de couverture en prévention et assurer que 90 % des cas soient correctement traités.
Coordination nationale : assurer l’exécution de 95 % des activités planifiées selon les normes en vigueur.
Le défi de l’ancrage communautaire
Au-delà des structures de santé, le combat contre le paludisme se joue aussi dans les communautés. De nombreux patients continuent de recourir à l’automédication ou aux pharmacies dès les premiers symptômes.
Pour le PNLP, il devient crucial de renforcer la sensibilisation, d’impliquer davantage les leaders locaux et d’améliorer les comportements face à la maladie.
Les médias appelés à jouer un rôle stratégique
La rencontre avec les professionnels des médias s’inscrit dans une dynamique de communication renforcée. Objectif : faire des journalistes des relais efficaces des messages de prévention et des enjeux de santé publique.
Cap sur 2028
La révision du plan stratégique en cours devrait intégrer de nouvelles approches adaptées aux défis actuels, notamment en matière de financement, de surveillance et d’innovation.
En ligne de mire : réduire significativement la charge du paludisme et progresser vers son élimination au Cameroun.
Martin Donald Ngane




