Le Cameroun consolide progressivement son statut de destination attractive pour les capitaux étrangers. C’est ce qui ressort de la restitution des résultats de l’Enquête sur les Investissements Directs Étrangers (IDE), organisée à Yaoundé par l’Agence de Promotion des Investissements (API) et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) le 9 juin 2026.
L’étude, menée auprès d’entreprises à capitaux étrangers implantées dans le pays, révèle un signal fort : les investisseurs déjà présents au Cameroun continuent de croire au potentiel de l’économie nationale et envisagent de renforcer leur présence.
Selon les données présentées, les entreprises interrogées prévoient près de 167 millions de dollars de réinvestissements dans les prochaines années. Pour Stefan Kratzsch, Chef de l’Unité des Investissements durables et des Entreprises responsables à l’ONUDI, ce chiffre pourrait être largement dépassé lorsqu’il est extrapolé à l’ensemble des entreprises étrangères opérant au Cameroun.
Des entreprises installées sur le long terme
L’enquête met en évidence un tissu d’investisseurs relativement mature. Plus de la moitié des entreprises recensées exercent leurs activités au Cameroun depuis plus de vingt ans, témoignant d’un ancrage durable dans l’économie nationale.
Les investisseurs européens représentent 42,7 % des entreprises profilées et près de 45 % des emplois générés. Les investisseurs asiatiques suivent avec 33,3 % des entreprises et 33,6 % de l’emploi. Les investisseurs africains, bien que moins nombreux, contribuent également de manière significative à la création d’emplois.
Autre enseignement majeur : près de la moitié des entreprises étudiées sont classées comme « fortement ancrées » dans l’économie locale. Elles concentrent à elles seules plus de 92 % des emplois recensés dans l’échantillon.
Une croissance de l’emploi portée par les IDE
Les entreprises étrangères continuent de jouer un rôle important dans la création d’emplois. L’étude révèle une croissance médiane de l’emploi de 9,5 % sur les trois dernières années, tandis que l’emploi féminin a progressé de 10 % en moyenne.
Les perspectives demeurent encourageantes. Plus de quatre entreprises sur cinq se déclarent confiantes quant à l’évolution de leurs activités, notamment en matière de demande, de capacité de production et de chiffre d’affaires.
Cette confiance intervient pourtant dans un contexte marqué par une hausse significative des coûts des intrants et des importations, dont l’augmentation médiane atteint 12,5 % parmi les entreprises interrogées.
Des investissements orientés vers la production
Les projets d’investissement annoncés concernent principalement les capacités productives. Plus de 84 % des entreprises qui envisagent d’investir prévoient d’acquérir de nouvelles machines et équipements. Les dépenses dans les infrastructures logistiques et de transport concernent près de deux tiers des entreprises, tandis que les investissements fonciers et immobiliers sont également importants.
À l’inverse, les investissements dans les technologies de l’information, la propriété intellectuelle ou la formation demeurent relativement faibles, illustrant une stratégie davantage tournée vers l’expansion physique des activités.
Des défis persistants pour le climat des affaires
Malgré ces perspectives favorables, plusieurs contraintes continuent de peser sur l’environnement des affaires. Les entreprises citent notamment les infrastructures, l’accès au financement, la qualité de la main-d’œuvre qualifiée, les services publics et les coûts de production parmi les principaux défis à relever.
L’étude souligne également que seulement 21 % des entreprises interrogées ont déjà bénéficié d’un accompagnement direct de l’API, alors même que près de 19 % déclarent avoir des besoins urgents d’assistance, notamment en matière de financement, d’accès aux marchés et de conformité réglementaire.
L’API appelée à renforcer son accompagnement
Pour Donatus Shinwinsoh Boma, ces résultats constituent un outil stratégique pour améliorer les politiques d’attraction et de rétention des investissements.
L’étude recommande notamment la mise en place d’un portail numérique dédié aux investisseurs, le renforcement des mécanismes de suivi post-investissement et la création de dispositifs d’accompagnement à l’exportation pour les entreprises présentant un fort potentiel.
Au-delà des chiffres, cette enquête envoie un message clair : les investisseurs étrangers déjà implantés au Cameroun restent confiants dans les perspectives du pays. La capacité des pouvoirs publics à améliorer le climat des affaires et à lever les contraintes identifiées pourrait désormais transformer cette confiance en nouveaux investissements, en emplois supplémentaires et en une contribution accrue à la croissance économique nationale.


