La condamnation à huit ans de prison de plusieurs figures de l’opposition tchadienne continue de susciter des réactions au-delà des frontières du Tchad. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Éric Ngueguim, président du Parti Écologique du Cameroun (PEC), qui appelle à la libération de ces responsables politiques, estimant que leur place est dans le débat démocratique plutôt que derrière les barreaux.
Au cœur de cette affaire figure Badono Daigou, président du parti UET Les Verts, arrêté avec plusieurs de ses collaborateurs avant d’être condamné, aux côtés d’autres responsables politiques, à une peine de huit ans d’emprisonnement. Parmi les personnes concernées figurent également Max Kemkoyeb, le Professeur Avoucksouma Djoba, le Dr Nawsiur Koursami, Neatobey Bidi et Valentin Mahamat Djiara.
Pour Éric Ngueguim, cette situation interpelle l’ensemble des acteurs politiques africains attachés aux principes démocratiques et au respect des libertés fondamentales. Le responsable politique camerounais estime que les divergences d’opinions et les contestations politiques doivent être traitées dans le cadre du dialogue républicain et des mécanismes démocratiques prévus par les institutions.
« L’Afrique a besoin d’espaces de dialogue, de pluralisme et de participation citoyenne. Les responsables politiques, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, ont un rôle à jouer dans la construction de leurs nations respectives », soutient-il.

Le président du PEC insiste particulièrement sur le cas de Badono Daigou, qu’il considère comme une personnalité politique ayant encore beaucoup à apporter à son pays. Selon lui, le Tchad, confronté à de nombreux défis de développement, de gouvernance et de cohésion sociale, a besoin de toutes ses compétences et de toutes ses sensibilités politiques pour bâtir un avenir stable et prospère.
Au-delà du cas tchadien, Éric Ngueguim replace cette affaire dans un contexte continental marqué par des interrogations persistantes sur la protection des droits humains et des libertés publiques. Dans plusieurs pays africains, les questions liées à la liberté d’expression, à la participation politique, au droit de manifestation et au respect du pluralisme continuent d’alimenter les débats au sein de la société civile et des organisations de défense des droits de l’homme.
Pour le leader écologiste camerounais, la consolidation de la démocratie en Afrique passe nécessairement par le respect des droits fondamentaux consacrés par les instruments internationaux et régionaux, notamment la Union africaine et les différentes conventions relatives aux droits de l’homme ratifiées par les États africains.
Il lance ainsi un appel aux autorités tchadiennes afin qu’elles examinent avec attention la situation de Badono Daigou et de ses coaccusés dans un esprit d’apaisement et de réconciliation nationale. Une démarche qui, selon lui, contribuerait à renforcer la confiance entre les acteurs politiques et à promouvoir un climat favorable au dialogue.
« Les nations se construisent dans l’inclusion et la diversité des opinions. La paix durable repose sur le respect des libertés, de la dignité humaine et de la participation de tous à la vie publique », affirme Éric Ngueguim.
Alors que les regards restent tournés vers N’Djamena, les appels à la clémence et à l’ouverture du dialogue se multiplient. Pour les défenseurs des droits humains comme pour plusieurs responsables politiques africains, l’avenir démocratique du continent dépend en grande partie de la capacité des États à garantir les libertés fondamentales et à préserver l’espace d’expression politique indispensable à toute démocratie.
Raissa Fouda



